Rapport du colonel d'Outrelaiiie
l'assaut. Danslanuit du 8 au 9 février, les troupes étaient déjà massées dans les tranchées lorsque Porfirio Diaz se présenta au quartier général. Bazaine ne lui accorda qu'une capitulation sans conditions. On trouva 4000 prisonniers, 60 pièces de canon, un matériel de guerre considérable. Nous n'avions qu'une dizaine de tués et une trentaine de blessés. Bazaine rentra aussitôt à Mexico (25 février 1865). Porfirio Diaz et ses officiers furent enfermés dans le fort Guadalupe à Puebla; la plupart des soldats furent licenciés, les autres incorporés dans les troupes auxiliaires.
Ces expéditions mirent en évidence tout ce qu'il y avait dans ce beau corps d'armée, d'énergie, de patience, de bravoure, d'audace, d'élasticité et de rapidité foudroyante, et aussi de cette alacritas qui est le rayonnement du courage par la gaieté.
Ces succès ne finissaient pas la lutte; les corps d'armée dissipés se transformaient en guérillas : toute position abandonnée par nos troupes était aussitôt réoccupée. INotre expédition dans le Nord venait à peine de se terminer, que le général de Juarez, Negrete, reprenait Saltillo et Monterey, menaçait Matamoros. 11 fallait recommencer toujours (mars 1865) ; il n'y avait de sécurité que dans le cercle où pouvait arriver le bras de nos troupes. Une bande aux ordres
de Romero s'étant rapprochée de Toluca, peu éloigné de Mexico, le général mexicain Cuevas, se porta à sa rencontre au milieu de la nuit; à peine avait-il ordonné l'attaque de l'hacienda où l'ennemi s'était renfermé, qu'il fut abandonné par tous les siens et obligé de reprendre le chemin de la ville. Des bandes se formaient dans les faubourgs mêmes de la capitale.
Ces incidents ne troublaient pas la confiance imperturbable de Bazaine. Il continuait àenvoyer à Paris les rapports les plus rassurants : « La situation à tous les points de vue est bonne, l'autorité royale prend chaque jour plus d'influence : les entreprises commerciales et les travaux publics sont en progrès sensible. Cependant il n'y a qu'un an que l'Empire fondé par Votre Majesté a été accepté \ — La situation générale est aussi bonne que possible pour ce pays en convalescence, et pour bien le juger, il est indispensable de se prémunir contre les craintes puériles inspirées par un sentiment de conservation pour les uns, de manœuvres publiques pour les autres, afin de diminuer la confiance dans l'avenir du gouvernement impérial. Il est bien évident que les partis extrêmes s'agitent, mais leurs convulsions sont insignifiantes au grand jour et ils seraient écrasés s'ils osaient jamais descendre dans la lice, les armesj^à la main -. »
A l'appui de ces appréciations satisfaites,