Napoléon III à Bazaine. i" mars 1865, 15 mars
MAXIMILIEN AU MEXIQUE. 2oJ
milien, il lui conseilla de réunir un Congrès national qui émît un vote de confiance et l'investit de la dictature pendant quelques années. Maximilien répondit à ces ouvertures en se récriant : (( Je me permets de faire observer à Votre Majesté que ce vote de confiance m'a été implicitement donné par la majorité de la population lors de mon dernier voyage; ensuite que, de l'aveu des Mexicains les plus libéraux, le temps n'est pas encore venu de mettre ce projet en exécution avec certitude de succès. Plus j'étudie les Mexicains, plus je crois qu'il faudra essayer de les rendre heureux sans eux et peut-être maigrie eux\ »» Contre ceux qui 1<' blâmaient de se croire suffisamment pourvu avec 25000 hommes, Bazaine avait un grand cheval de bataille : les auxiliaires autrichiens et belges et l'armée mexicaine. Les auxiliaires autrichiens et belges étaient faiblement constitués, de provenance, d'âges très différents : beaucoup de fantassins n'avaient jamais touché un fusil, ou de cavaliers monté un cheval; le contingent belge, composé d'hommes très jeunes, croyait n'être appelé qu'à un service d'honneur auprès de Tlmpératrice; mais les uns et les autres étaient commandés par d'excellents officiers et, sans aucun doute, après quelque temps formeraient des corps solides. Dans l'armée mexicaine aussi se trouvaient quelques éléments de choix. Le général Meja, notamment, rempHt toujours son devoir avec intelligence,