A Dotezac, 21 avril
dans un moment bien inopportun pour le Danemark et pour nous. 11 trouve la Prusse et la Russie unies par d'autres causes ; il tend à rapprocher les cabinets de Vienne et de Berlin. Cela expose le Danemark à un double danger et tend à créer pour nous des difficultés en présence des affaires de Pologne. Dans ces circonstances, nous pourrions difficilement être utiles au Danemark. Obtenez du gouvernement danois des concessions et des ajournements. » — « Vous me demandez l'impossible, répondit Hall; tout ce que je puis, c'est d'arrêter le mouvement en avant d'une opinion de plus en plus exaspérée. » En effet, une adresse au roi ayant été proposée au Risgraad pour blâmer le ministère d'être resté à mi-route, et de n'avoir pas opéré une séparation plus complète entre les deux Duchés; Hall la combattit et ne l'emporta que par 25 voix contre 20, en déclarant que si on désirait aller jusque-là, ce n'est pas lui qui appliquerait cette politique.
L'arrivée au trône de Grèce du fils de Christian, quoique sans lien apparent avec l'affaire des Duchés, contribua néanmoins à l'aggraver. Christian s'y était opposé, nous l'avons dit, jusqu'au dernier moment, surtout dans la crainte de mécontenter la Bavière qui se refusait à renoncer aux droits de ses princes, et il n'avait cédé qu'aux injonctions formelles du roi.
Il n'avait pas eu tort de supposer que l'acceptation de son fils exciterait le courroux de la Bavière; elle poussa la Diète plus qu'elle ne l'avait fait encore, de concert avec les Etats moyens, à l'adoption de mesures énergiques contre le Danemark. Le 9 juillet 1863, la Diète décida que le gouvernement du Danemark serait invité à ne pas donner suite à l'ordonnance du 30 mars, à la rapporter, et à faire savoir à la Diète, dans un délai de six semaines, qu'il a pris les mesures nécessaires pour promulguer une constitution qui devra relier par un lien uniforme le Holstein au Sleswig et au royaume proprement dit de Danemark. Le ministre de Suède Menderstrôm, dans un voyage à Copenhague (30 août), conseilla de ne pas faire un cas de guerre de l'exécution fédérale en Holstein, en donnant l'assurance que son gouvernement n'abandonnerait pas le Danemark dans le cas d'une attaque contre le Sleswig.
Le cabinet anglais opéra un nouveau revirement. Palmerston était résolu à ne pas faire la guerre, mais les intempérances de paroles ne lui coûtaientguère, parce qu'il savait opportunément les oublier. Il dit à la tribune ^ « que la Confédération pouvait agir sur le Holstein, mais n'avait aucun droit sur le Sleswig, et que si ce qui n'est pas permis devait.se produire, si l'Allemagne devait toucher à l'intégrité du Danemark, qui est d'une si grande importance pour l'Europe et sur-