Luc AIN
3. Salluste, CaUlina, passim. Api-ien, De bellocivUi, IL 120.
Il a violé la légalité! Quel mal y aurait-il lorsque la légalité surannée, néfaste, odieuse à la grande majorité, est maintenue facticement par l'oppression d'une oligarchie dégénérée? « car on ne nomme pas légitime ce qui en général est autorisé par une loi, mais ce qui est fondé sur une loi juste et bonne » \ Et qui donc d'ailleurs a respecté la légalité plus que César? Est-ce Pompée cautior et non melior plus dissimulé, non meilleur que Marius et Sylla-, qui avait chassé les Tribuns du Sénat, usurpé par la fraude tous les pouvoirs et violé les lois les plus salutaires de sa pairie'^? Est-ce Gicéron, qui ne fut résolu qu'une fois dans sa vie, pour faire mettre à mort les complices de Catilina en violant à la fois la loi des Douze Tables et la loi Sempronia^ qui plus tard écrivait au jeune Octave : « N'attendez pas les décrets du Sénat ; soyez à vous-même votre propre Sénats » N'était-ce pas une légalité que violait le traître Brutus en assassinant lâchement celui que le Sénat et le peuple romain avaient légalement élu Dictateur? N'était-ce pas une légalité supérieure à celle de l'État, celle de l'honneur, que violait le cupide Caton en cédant