‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 2)Chapitre 69 sur 175 · Grandeur et Décadence, chap. XII · texte numérisé non relu

Grandeur et Décadence, chap. XII

;iû6 L'EMPIRE LIBERAL.

bilité en confirmant tous les décrets de César et en donnant ainsi une sanction nouvelle et officielle à son pouvoir légal. Il faut vraiment que le mot de liberté ait un bien irrésistible prestige, pour que, même mal employé, il ait déterminé tant d'estimables historiens à traiter de grand homme ce misérable Brutus, petit esprit, âme plus petite encore, « toute faussée d'une vertu atroce ))\ Du moins Sénèque lui refusa ce titre le jour des Ides de mars : V'ir magnus in cdïis. Dante, plus sévère, le place en enfer dans le cercle des traîtres envers leurs bienfaiteurs : Lucifer, l'empereur du royaume douloureux, broie dans l'une de ses trois mâchoires son corps dont la tête pend en bas et se tord sans rien dire.

L'unique résultat du crime des oppresseurs qui s'armaient du mot de liberté, fut de relarder jusqu'après une épouvantable guerre civile où périt Cicéron, cette paix romaine qui a procuré au monde antique des joies aussi nobles que celles connues par le monde moderne à la Renaissance.

On comprend que le neveu du César moderne ait été attiré par cette histoire.

La première partie du volume est consacrée à un coup d'œil synthétique sur les évolutions principales du peuple romain, original et instructif

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