‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 2)Chapitre 72 sur 175 · Thouvenel à Benedetti. 15 avril 18Go · texte numérisé non relu

Thouvenel à Benedetti. 15 avril 18Go

tenir pour lui. — Schneider, prétendait-il, manquerait de la vigueur nécessaire pour contenir l'opposition, comme lui-même saurait le faire. — On le jugea de trop mince envergure; mais on décida que Schneider serait mis à l'épreuve par une présidence provisoire. Cette vacance prolongée pendant la session serait un dernier hommage rendu à Morny.

La gauche ne nous convoqua pas à ses réunions, Darimon et moi, et la majorité ayant décidé de donner au bureau une place à la minorité, elle opposa un des siens, Magnin, à Darimon ^ Cependant Jules Favre me fit apporter par Ferry des paroles aigres-douces qui contenaient une espèce d'invite pacifique. « Il n'y a jamais eu, lui avait-il dit, d'amitié véritable entre nous; nos rapports ont été surtout politiques, mais je conserve toujours ma sympathie pour son talent. Je comprends la situation qu'il veut prendre : elle est commode ; il a assez de talent et d'idées pour la conserver. Moi-même je l'ai eue, mais je me suis aperçu qu'elle ne conduisait à rien. Je suis sûr qu'il fera une politique d'opposition, car je ne doute pas de son honorabilité. On dit qu'il veut nous attaquer, je le regretterai je ne trouve pas que cela lui soit nécessaire. » Il avait raison^ je n'avais pas songé à les attaquer.

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