‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 2)Chapitre 88 sur 175 · L.\ FIN DE LA REGENCE ET DE LA SESSION. 40t · texte numérisé non relu

L.\ FIN DE LA REGENCE ET DE LA SESSION. 40t

Dans la discussion du budget, Thiers reprit le thème qu'il avait déjà développé, en l'exagérant encore, et il répéta au gouvernement de l'Empire, presque dans les mêmes termes, sa prédiction sinistre : « Vous êtes au bord d'un abîme financier, la banqueroute est en perspective. » Mais avec lui, au milieu même des plus évidentes exagérations, le bon sens ne perdait jamais complètement ses droits, il déclara toute économie sur l'armée une imprudence, et Garnier-Pagès ayant proposé l'impôt sur le revenu, ii décocha ce trait : (( Ce serait une grave erreur de croire que V impôt •sur le reijenu serait pour le peuple français un soulagement ; je démontrerai^ au contraire, .s il venait en discussion, qu il serait une tyrannie dangereuse qui causerait du mal à lui plus qu'à ceux que cet impôt paraîtrait atteindre \ » Vuitry démontra, avec sa force de clarté et de logique, que nous n'étions pas à la veille de la banqueroute et qu'au contraire nos finances, qui avaient eu à porter le poids de tant de glorieuses entreprises, étaient en progression continuelle.

(( M. Thiers, ajouta Rouher, a prononcé un mot redoutable; je n'en ai éprouvé aucune émotion. Dans l'atmosphère il y a des éclairs qui présagent la foudre, mais au soir d'une chaude journée il y en a aussi qui sillonnent et embel-

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