Bismarck à Gollz, 20 février 1865. Sybel, IV
Le OavrilBisraarckmandaBeaedetti et lui dit: u M. de Schmerling et ses amis songent à provoquer une sorte d'apaisementdans leurs relations avec l'Italie et à relever le crédit de l'Autriche en Allemagne, en s'appuyant sur les États secondaires. Si elle devait obtenir l'approbation de l'empereur François-Joseph, cette politique qui, d'ailleurs, se concilie mal avec ses vues personnelles, créerait une situation dangereuse entre les deux grandes puissances germaniques et pourrait amener une guerre devant laquelle je ne reculerais pas; je désire connaître ce que je pourrais dans ce cas espérer ou craindre de l'Empereur. »
Drouyn de Lhuys interrogé répondit par la note suivante (14 avril) : « Nous considérons sans aucun sentiment d'envie ce qui peut arriver d'heureux à la Prusse; nous ne méconnaissons pas l'importance de l'intérêt qui lui fait ambitionner sur la Baltique et la mer du Nord un établissement plus en rapport avec sa situation politique et il ne serait conforme ni au caractère de nos relations ni à nos propres traditions de nous opposera ses efforts pour devenir une puissance maritime. M. de Bismarck n'ignore pas, au reste, comment nous envisageons en elle-même la question des Duchés. Nous attachons toujours le même intérêt à ce qu'il soit tenu compte du vœu des populations dans l'arrangement définitif. Il est difficile d'exprimer une opinion sur les éventualités prévues par M. de Bismarck. Mais le cabinet de Berlin est suffisamment édifié sur
nos intentions pour savoir que dans le cas où les événements qu'il prévoit viendraient à se réaliser, nous examinerions la conduite que nous avons à tenir avec les mêmes sentiments qui nous ont guidés jusqu'ici à l'égard de la Prusse et avec le même désir de trouver nos principes et nos intérêts d'accord avec les siens. »
Bismarck affecta d'être très satisfait de cette note fuyante : il pria Benedetti d'en exprimer toute sa gratitude, « parce qu'elle justifiait ses prévisions et la politique dont il s'était fait l'organe* ». En réalité il en fut dépité car elle ne dissipait aucune de ses incertitudes.
Dans les premiers jours d'août, il chargea Goltz de poser de nouveau en termes plus pressants l'interrogation : Si la guerre éclate entre l'Autriche et nous, que ferez-vous? — Personne n'était à Paris, car, malgré le moment critique, chacun avait pris son congé habituel; Benedetti avait remis les affaires à Lefebvre de Behaine, Gramont à Mosbourg; tous les deux, d'ailleurs très capables de les gérer; Drouyn de Luys était en villégiature, l'Empereur à Fontainebleau. Goltz, ne put causer qu'avec l'Impératrice. Dans une longue et confiante conversation elle lui indiqua les intentions de l'Empereur : laisser faire sans se lier par un traité de neutralité.
A son retour Drouyn de Lhuys s'expliqua dans le même sens : a Nous ne sommes pas intervenus