‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 3)Chapitre 101 sur 165 · Séance du 1«'' février · texte numérisé non relu

Séance du 1«'' février

réunions mieux que des interdictions et des poursuites ^ car il ne s'agissait pas d'actes ou de provocations à des actes qu'il eût fallu réprimer mais de simples opinions qui s'évaporaient en paroles. Le Corps législatif ne fut pas de mon avis et le ministre de l'Intérieur Forcade, obtempérant au vœu exprimé par Benoist, commença les poursuites. Elles ne soulevèrent aucune difficulté sérieuse. L'opposition s'était plainte de la tolérance du début comme d'un guet-apens, elle dénonça les poursuites comme un acte de tyrannie.

Au Sénat la discussion fut beaucoup plus ample sur les effets de la loi de la presse. Maupas, avec beaucoup d'adresse commença par étaler complaisamment les excès de toute nature commis et les attaques ingrates et emportées contre la personne même du souverain ; il démontra que la répression judiciaire avait été et serait impuissante. Cependant cette situation pleine de périls ne pouvait se prolonger ; il fallait un remède. On supposait qu'à ce titre il proposerait l'abolition des lois libérales. Il conclut au contraire à leur maintien, et, se glissant très habilement à travers les mailles du Sénatus-consulte de 1866, il insinua en termes très compréhensibles que le remède serait dans le rétablissement de la res-

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