‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 3)Chapitre 108 sur 165 · HAUSSMANN AU SÉNAT · texte numérisé non relu

HAUSSMANN AU SÉNAT

Il manquait delà juste«;se de vues, de la vigueur dialectique, de la précision scientifique du jurisconsulte ; il n'avait ni la doctrine, ni l'instinct du politique. Sa supériorité était l'érudition servie par le talent littéraire et l'aptitude aux généralisations philosophiques. 11 connaissait bien l'antiquité latine, suffisamment notre antiquité nationale, et il excellait à les présenter et à les systématiser en des exposés amples, mouvementés, agréables ou éloquents. Dans les conseils, il n'avait pas d'influence, parce que rarement il y exprimait une opinion arrêtée; il n'en avait qu'une dont il ne se départit jamais: c'est d'être de l'avis de l'Empereur. Il était donc toujours prêt à rapporter tous les sénatus-consultes et, en s'en acquittant, il leur donnait un grand air. Par sa mort, l'Empereur perdait moins un conseiller qu'un dignitaire fort décoratif.

Page 1