‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 3)Chapitre 109 sur 165 · PENSION AUX ANCIENS MILITAIRES · texte numérisé non relu

PENSION AUX ANCIENS MILITAIRES

Dans la discussion du budget, l'examen de l'état financier n'occupa qu'une part relativement accessoire. On y fit, surtout en vue des élections, un inventaire complet de toutes les questions qui s'agitaient depuis 1863 et sur lesquelles le suffrage universel allait se prononcer.

La situation des ministres était très embarrassée. De toutes parts acculés ou débordés, essayaient-ils de se retrancher derrière le sénatusconsulte qui interdisait de critiquer la Constitution, on les débusquait et on les amenait à une discussion menée tour à tour avec emportement et résignation. Attaquaient-ils les hommes de liberté, on leur objectait les idées libérales qu'ils feiguaient d'appliquer. Soutenaient-ils ces idées libérales, on leur opposait l'hostilité dont ils ne cessaient de poursuivre les libéraux. Tantôt ils

disaient : La liberté existe. Tantôt : Nous la refusons parce qu'elle a perdu tous les gouvernements. A quoi Ton répondait : Si la liberté existe, vous ne pouvez pas dire qu'elle a perdu tous les gouvernements, puisque vous êtes là; si vous la refusez, parce qu'elle a perdu tous les gouvernements, vous ne pouvez pas dire qu'elle existe. L'opposition au contraire était fort à l'aise. Sans tenir compte d'aucune des concessions confirmées par le discours impérial, ne s'arrêtant qu'à ce qui n'avait pas encore été donné, elle n'atténua pas une seule de ses attaques, elle les renouvela en les exagérant, mêlant le faux et le vrai, donnant autant d'importance aux accusations imaginaires qu'aux griefs sérieux, ne pouvant cependant pas réussir à se discréditer, tant était générale dans les classes politiques la prévention en sa faveur. Picard, Jules Favre et Jules Simon insinuèrent sérieusement que les exagérations des réunions publiques étaient l'œuvre de la police. Jules Favre, sous prétexte d'indépendance de la magistrature, alla jusqu'à contester au ministre de la Justice le droit d'ordonner aux magistrats du Parquet, c'est-à-dire à ses représentants, de faire des procès de presse. Il défendit les actes étranges du procureur impérial de Toulouse, Séguier, lors de l'affaire de la souscription Baudin. Talhouët, ami personnel du magistrat, s'associa à Jules Favre et me pria de lui venir en aide. J'y consentis et j'arrivai à la séance décidé à prendre la parole. Je la marquai par quelques interruptions, mais à mesure

que se déroulaient les explications péremptoires de Baroclie, je changeai de sentiment, et quand il eut terminé je restai silencieux. Je pensai même que Baroclie avait trop concédé. Il retint, il est vrai, pour le ministre de la Justice, le droit de donner aux magistrats du parquet des ordres de poursuite, mais il leur reconnaissait une liberté complète pour les conclusions à prendre à l'audience. C'était aller trop loin. Sans doute, des conclusions ont-elles été convenues avec le chef du parquet, par exemple a-t-il été arrêté que l'on demanderait la suppression d'un journal poursuivi, l'officier du ministère public tenant l'audience a la faculté de s'écarter de ces conclusions si le débat prend un aspect imprévu, sauf à être blâmé ou frappé s'il a mal apprécié. Mais si les choses sont demeurées en l'état, il est obligé de soutenir les conclusions que son chef lui a prescrites. Les membres du parquet ne se trouvent pas dans la même situation que les juges assis : avocats de l'État, ils doivent combattre pour lui comme des soldats disciplinés; si cela ne leur convient pas, qu'ils se retirent.

L'opposition reprit ses déclamations contre le fléau de la paix armée^ Elle accumula contre la nouvelle loi militaire les accusations les plus contradictoires : elle était à la fois, selon Picard, une loi ad pompam et ostentationem, qui n'avait pas accru les forces de la France, en cas de

\. Séances des 20 mars, 6, 12, 13 avril 1869.

guerre, et une loi écrasante pour les populations en temps de paix... L'armée qu'elle créait n'était qu'un instrument de plus entre les mains du pouvoir personnel, non une défense contre les agressions possibles, mais une force préparée pour une politique qui voudrait réparer les malheurs et les fautes du passé. Elle devait être abrogée. Garnier-Pagès reproduisait le système par lequel il fallait la remplacer. Tous les jeunes gens du contingent devraient être appelés à passer une année seulement, dix-huit mois sous les drapeaux. Cela suffirait à rendre le pays invincible à l'intérieur, et l'on pourrait ensuite désarmer sans crainte. ((Le matériel... le matériel?... Ah! ia France est assez riche pour vous le donner en quelques jours. (Exclamations .)0\x\ ! la France est assez riche pour vous le donner en quelques jours — Les hommes? vous les auriez du jour au lendemain. Vous n'auriez qu'à faire appel à la nation et vous pourriez être certains que la nation vous répondrait si vous étiez véritablement attaqués. » {Assentimeïit à gauche.) Provisoirement, en attendant l'abrogation de la loi, l'opposition réclamait : l'abaissement du contingent à 80000 hommes; la réduction de 200 000 hommes sur l'effectif entretenu; la suppression des grands commandements, uniquement créés pour la parade et le prestige; l'abolition de la Garde impériale, véritable aristocratie de l'armée, corps politique plus que militaire, odieux à la ligne parce qu'il restait au port d'armes, jouissant de ses privilèges, pen-

dant que ceux qui étaient moins favorisés portaient le poids du jour au Mexique, en Algérie. Le maréchal Niel ne se crut pas obligé d'insister sur les considérations élémentaires de sens commun, qui réfutaient Garnier-Pagès, mais il recommença ses démonstrations sur le caractère de la nouvelle loi : « Lorsque nous avons discuté si longuement la loi du 1^' février, l'honorable i\î. Picard disait que cette loi était beaucoup plus lourde que celle de 1832, que le pays aurait de la peine à la supporter; il nous dit aujourd'hu qu'elle lui paraît si douce en temps de paix qu'il craint qu'elle n'ait aucune valeur en temps de guerre. M. Picard se trompe dans sa nouvelle attaque comme il s'est trompé dans la précédente : la loi, beaucoup plus douce en effet que la loi de 1832 en temps de paix, a une plus grande puissance en temps de guerre. Lorsqu'une loi est aussi nécessaire à la sécurité et, on peut le dire, à l'existence d'une nation que la loi sur le recrutement, l'attaquer par ses bases, proposer de la remplacer par des institutions qui répugnent à notre pays, et qui n'ont jamais été discutées sérieusement, c'est vraiment ébranler l'édifice social. » 11 repoussa les divers amendements : sans un contingent de 100 000 hommes, le fonctionnement de la loi nouvelle serait impossible. La réduction de 200 000 hommes donnerait une armée sans soldats, la plus chère de toutes celles que la France aurait jamais eues, car ce serait la plus inutile par son insuffisance. Supprimer 200 000 hom-

mes, c'est supprimer l'armée entière. L'économie de 60 000 francs environ, que coûte chacun des grands commandements, ne peut être mise en parallèle avec l'avantage immense, la guerre nous menaçant, d'avoir tous les commandants de corps d'armée, désigués, prêts à partir, sans qu'on ait besoin de prévenir personne d'avance, comme on le faisait autrefois. (( La Garde n'est pas une aristocratie, mais une réserve. 27 000 hommes de réserve pour une armée telle que la nôtre, c'est un chiffre inférieur à celui de la réserve des autres armées. Depuis les récentes augmentations, la Garde n'ayant pas été aussi augmentée, la différence de solde n'existe presque plus. La Garde a prodigué son sang sur tous les champs de bataille. Elle a combattu, partiellement, il est vrai, même au Mexique; on peut même dire qu'elle a combattu partout, car tous les soldats qui se sont distingués dans nos expéditions les plus lointaines ont pourrécompense, lorsqu'ils reviennent en France, d'entrer dans la Garde. On n'a qu'à voir les chevrons, les médailles, les décorations de la plupart; si vous leur demandez où ils les ont gagnés, ils vous citeront tous les champs de bataille sur lesquels nos armées ont été le plus éprouvées. »

Les candidatures officielles furent le sujet que tous les orateurs directement ou indirectement

discutèrent a\ec plus de vivacité ^ Chacun voulut dire son mot contre elles. Picard les prit plus particulièrement corps à corps, en appuyant son argumentation de principes sur des faits écrasants (31 mars 1869).

Le ministre de l'Intérieur, Forcade, défendit les candidatures officielles en tempérant l'absolu de sa thèse par l'élévation de son langage et ses promesses de modération. 11 y eut même quelque originalité dans son point de vue. « Un tel système, dit-il, ne peut être pratiqué longtemps sans l'assentiment du pays ; sous le suffrage restreint comme sous le suffrage universel quand l'opinion du pays s'est formellement prononcée, les candidatures officielles ont disparu devant sa volonté. » De ce point de départ, le ministre concluait que si les candidatures officielles qui avaient échoué sous la République, sous la Restauration, sous la monarchie de Juillet, réussissaient sous l'Empire, c'est que l'Empire avait la confiance du pays. En résumé son argumentation se réduisait à ceci : « Le succès de ces candidatures prouve la puissance du gouvernement, les sympathies profondes qui existent pour ui dans le sein des masses populaires. A qui accordons-nous l'appui officiel? Est-ce à un étranger sans relations et sans racines, intervenant à la veille des élections, pour entraîner par des discours exagérés une multitude qui ne le connaissait pas? En aucune façon : nous consultons le

\. Voir sur les candidatures oficielles, Empire libéral, VI, p. 551 et 555.

cœur des populations, et comme nous avons l'oreille exercée à cette audition mystérieuse, nous devinons le nom que la foule murmure en elle-même et nous le dégageons ; de telle sorte que, quand nous présentons un candidat officiel, ce n'est pas la pensée du gouvernement que nous imposons, nous offrons aux populations un miroir dans lequel elles se reconnaissent, etc'estleur propre pensée que nous dégageons pour qu'elles la consacrent après nous par leurs suffrages. » Cette argumentation habile produisit une vive impression sur l'Assemblée. Je demandai la parole pour la réfuter : « Ce qui explique, selon vous, le succès des candidatures officielles est, selon moi, ce qui en démontre l'inutilité. Elles ne réussissent précisément que parce qu'elles sont inutiles, ou plutôt elles sont inutiles par les raisons qui font qu'elles réussissent : si les populations vous sont dévouées, si les candidats représentent à ce point la pensée intime de ceux qui ont à les élire, comment intervenez-vous dans un accord si touchant? pourquoi votre action vient-elle donner une apparence de contrainte à un choix qui serait bien plus significatif, si vous le laissiez se produire sans aucune espèce d'intervention et avec toute sa fougue spontanée? (Très bienl très bien! à la gauche de F orateur.) Il ne suffit pas, de dire : Un gouvernement doit se défendre, un gouvernement ne doit pas se laisser attaquer. — Cela, personne ne le conteste ; — mais il s'agit de savoir comment un gouvernement doit se défendre. Lorsqu'un gou-

vernement n'a pour se défendre que la longue série de fonctionnaires hiérarchiques qui dépendent de lui, il est bien malade. [Interruption.) Nul n'a aperçu cette vérité d'un coup d'œil plus perçant que celui qui a été le fondateur de la dynastie au nom de laquelle parlait l'honorable ministre. Après le retour de l'île d'Elbe, après cette épopée fantastique qui, en quelques jours, ramenait le vaincu de 1814 dans le palais quitté depuis quelques mois, le comte Mollien raconte que, le soir même du retour, il porta ses hommages à son ancien maître. Pour arriver aux Tuileries, il parcourut toute la ville : elle était morne, sombre, muette ; pas une lumière aux fenêtres, pas une clameur dans les rues. Aux Tuileries, au contraire, dans les antichambres brillamment illuminées, la foule se pressait, la joie était sur les visages. Quand l'ancien ministre, introduit dans le cabinet du souverain restauré, se précipita à son cou, et, les larmes aux yeux, le féhcita de son retour merveilleux, l'Empereur le regarda avec un sourire mélancolique et lui dit : « Mon cher, le temps des compliments est passé; ils m'ont laissé revenir comme ils les ont laissés partir. » Paroles profondes que tous les souverains devraient méditer. Il est impossible, quelles que soient leur intelligence et leurs bonnes intentions, que les chefs d'un gouvernement ne commettent pas chaque jour un très grand nombre de fautes graves : c'est le sort de l'humanité, et, à plus forte raison, le sort de ceux qui ont à soulever les lourds fardeaux. Acceptez

comme une règle qui ne comporte pas de contradiction que les gouvernements, pour durer, doivent avoir obtenu le droit aux fautes. Mais ce droit de commettre des fautes ne peut être accordé qu'à ceux qui agissent de concert avec la nation; alors la faute n'est pas d'un seul, elle est de tous, et le gouvernement peut répondre à ceux qui le critiquent : Je me suis trompé, c'est vrai; mais le peuple avait voulu avec moi, et s'est trompé comme moi. »

Je donnai les raisons positives par lesquelles je repoussais les candidatures officielles et je m'efforçai surtout d'écarter les arguments historiques invoqués par le ministre à l'appui de sa thèse de principes : — « J'écarte la révolution de J848... d'abord parce que je ne veux pas soulever les passions irritantes ; ensuite parce que c'est une révolution. Le plus simple bon sens enseigne que, dans la législation des peuples, il y a des règles, des pratiques possibles, nécessaires en temps de révolution, impossibles dans les temps réguliers. C'est pourquoi j'éprouve une aversion profonde pour les révolutions. {Vive approbation sur plusieurs bancs.) C'est pourquoi je dis avec insistance à tous les hommes de sens et de cœur qui appartiennent à la démocratie et à la liberté : Poussez la critique aussi loin que vous voudrez, discutez vertement les actes du gouvernement, demandez avec énergie, plus de contrôle, plus de lumière, plus de garanties ; mais, je vous en conjure, arrêtez-vous où commence le vœu et la politique de la révolution...

[Très bien! très hienl) — Je lis dans certains journaux, admises comme évidentes, ces maximes odieuses, que la fin justifie les moyens, qu'il est licite de lever la main, de prêter serment et puis de ne se croire tenu à rien envers soi-même, que le gouvernement n'a droit à aucune justice, que le mal qu'il fait doit être relevé, et le bien tourné contre lui ; que la vraie politique de la démocratie, c'est celle de la haine, du renversement. Et moi je réponds que cette politique est néfaste et je proteste contre elle. [Marques de vive approbation.) Je suis prêta jouer mon avenir pour maintenir cette protestation. Non, qu'on le sache, dans aucun temps, sous aucun gouvernement, pour aucune raison je ne me rendrai solidaire d'une opposition révolutionnaire : c'est l'opposition du désastre. [Mouvement. — Très bien! très bien!) Laissons donc de côté la Révolution de 1848. Mais les gouvernements de 1815 et de 1830? Ils ont admis, eux aussi, les candidatures officielles 1 Sans doute. Ne serait-ce pas la raison pour laquelle vous parlez au nom de leurs successeurs? Les candidatures officielles n'ont pas empêché ces gouvernements déplomber, elles ont précipité leur chute. En vérité, on accuse les ouvriers de ne pas savoir l'économie politique, et il est des hommes d'Etat qui ne savent pas assez notre histoire politique. M. le ministre a été mon contemporain dans les conférences de la fin du règne de Louis-Phihppe ; il a assisté, €omme moi, à la chute de la monarchie de 1830. Ouel était le grief principal de l'opposition?

Elle disait : Vous dédaignez l'opinion réelle du pays pour écouter l'opinion factice; elles sont en contradiction. Et comment cette opinion légale était-elle créée? Par des candidatures officielles. [Rumeurs négatives sur plusieurs bancs. — Ap'prohatïon sur d'autres.) Aussi, quel réveil! La monarchie de Juillet n'a pas su ou n'a pas osé se défendre, a-t-on dit souvent. Oh! ne l'accusez pas! On a vu alors se produire un effet qui tient du mystère, que je vous souhaite de ne pas éprouver. On a vu ce qui arrive quelquefois pour la consolation des âmes éprises de la justice : en présence d'une nation frémissante, irritée, la force perdre connaissance et laisser retomber sa main découragée à côté de son épée inutile. On a vu la force éblouie, troublée par des fantômes que le droit violé évoquait devant elle comme une vision sinistre, n'avoir plus confiance en ellemême et abdiquer devant la faiblesse. [Nouvelle sensation.) Oh! ne vous exposez pas à ces éclipses de la volonté et de l'intelligence, qui sont la punition de ceux qui ne se confient qu'à la force. [Mouvement . — Très bien sur plusieurs bancs.) Le plus grand nombre d'entre vous n'aurait absolument rien à redouter de la liberté électorale. Je vous le dis, non pas à titre de précaution oratoire, mais parce que je le crois. Le pays aurait tout à y gagner. Il existe un parti de renversement peu nombreux, qui n'a pas de représentants ici. [Légère rumeur .)(^Q parti est bruyant, parce qu'il espère ainsi faire illusion à la France, et déconcerter par des clameurs ceux qui ne par-

tagentpasses folles théories. Au lieu de répondre par des procès, par des candidatures officielles à ce petit nombre qui s'agite, il faut lui dire : Vous mettez en doute la volonté du pays; vous croyez que les plébiscites rendus ont suivi de trop près l'événement pour être considérés comme définitifs; eh bien ! depuis six mois vous avez toute liberté de nous discuter; dans les brochures, dans les journaux, vous avez raconté, jugé le coup d'État; vous croyez que l'absolution du peuple n'a pu l'effacer; eh bien! que la nation soit juge : au vote! La prochaine Assemblée sera le produit des élections les plus libres qui aient eu lieu en France; cela équivaudra à un nouveau plébiscite. — Ainsi eussent été réduites à néant les haines que ne partage pas la majorité du pays. [Mouvements divers. — C'est vrai! sur quelques bancs.) Après cette discussion comme après tant d'autres, j'arrive toujours à la même conclusion. Dans ce Paris nouveau, qu'on a critiqué, mais que parfois il faut bien admirer aussi, il est une place sur laquelle un arc de triomphe s'élève au milieu d'une étoile formée par de belles avenues; engagez-vous dans une de ces voies magistrales : quel qu'ait été votre point de départ, vous arriverez toujours au pied de l'édifice imposant. De même, Messieurs, quelle que soit la question que vous traitez, question d'affaires, question d'économie, question de finances, qu'il s'agisse de l'intérieur ou de l'extérieur, quelle que soit la voie dans laquelle vous vous engagiez, vous arrivez toujours au pied du même

édifice : la liberté ! » (Mouvement. — Très bien ! très bien ! sur plusieurs bancs. — L'orateur, de retour à sa place, reçoit les félicïtatio?is de ses collègues^) On fut étonné que Roulier ni aucun ministre ne me répondît. Mais l'Empereur adressa une lettre officielle de félicitations à Forcade. C'était l'équivalent de la plaque de diamants envoyée à Rouher en 1867. Le succès, dans la Chambre et dans l'opinion, de ce discours libéral fut si généralement reconnu que les journaux révolutionnaires, sans le contester, se mirent aussitôt en mesure d'en détruire l'effet. Le Siècle annonça solennellement que j'allais entrer dans une combinaison ministérielle avec Forcade, probablement parce que je venais de le combattre... Le public crut à cette bourde et il fut entendu que mon discours était un discours ministre ^

Dans une réédition de son discours sur les libertés nécessaires, Thiers groupa tous les griefs

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