Séance du i" avril
2. Un des organes principaux du parti intransigeant, la Gironde, disait (3 avril) : « Le Journal de Paris convient du succès de M. É. Ollivier, surtout auprès des dames des tribunes. « Elles raffolent de lui », dit-il. Mais, continuant sur le ton sérieux, il assure, comme le Français, qu'à la suite du discours de M. Emile Ollivier, la majorité était visiblement émue. A la sortie de la Chambre, dans les couloirs, un très grand nombre de députés de la majorité ne se retenaient pas dedireetde témoigner qu'ils considéraient son discours comme une grande victoire remportée par lui sur M. Rouher.»
iï,2 L'EMPIRE LIBERAL.
de l'opposition contre la politique intérieure du gouvernement, en insistant toutefois particulièrement sur la liberté de la presse et la responsabilité ministérielle. Sur la liberté de la presse il réclama presque l'impunité absolue : « La vraie pratique, dit-il, à l'égard de la presse est de la supporter ; c'est ainsi qu'on arrive à l'apaiser, c'est en lui laissant dire ce qu'elle veut qu'on arrive à ce qu'elle ne dise que ce qu'il faut \ » Il n'admettait les poursuites qu'en cas d'outrage à la morale publique, à la personne du souverain ou celle des particuliers, et dans ces cas il réclamait le jugement par jury.
Rouher le releva brutalement : « Le discours que je viens d'entendre est plein d'oublis, de repentirs, et d'opiniâtretés. — Qu'après avoir introduit toutes les sévérités possibles dans les lois sur la presse, l'honorable homme d'État vienne nous dire qu'il est arrivé à en reconnaître l'impuissance, je le veux bien; mais qu'il ne parle pas alors de l'unité de sa vie et de la fermeté inflexible de ses convictions. Il faut une application modérée et patiente de la loi sur la presse, mais non pas son abandon et sa désertion. — Tenez, laissez-moi vous le dire : vous avez, dans l'opposition, des doctrines que, si vous n'aviez pas renoncé à l'exercice du pouvoir, vous n'accepteriez pas. — Et la preuve de ce que j'avance c'est que vous ne les avez pas appliquées autrefois^. »