‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 3)Chapitre 119 sur 165 · La Valette à Banneville, 4 mars · texte numérisé non relu

La Valette à Banneville, 4 mars

cellerie, mais un document intime, confîdentie et privé; 2^ Que la cour de Rome en désavouait hautement la publication. Par une indiscrétion coupable, on l'avait livrée à la publicité à laquelle elle n'était pas destinée. Les auteurs de cette publication ont commis un acte blâmable, et qui doit être désavoué, en divulguant un document dont ils ne connaissent même pas le texte exact et complet, et qui, par sa nature, devait rester confidentier. » L'ambassadeur ne trouva pas ces explications suffisantes. Il eût voulu que le gouvernement pontifical, « dans les formes de publicité dont il dispose, indiquât lui-même le caractère qu'il attachait à la lettre du 26 octobre 1865, et le jugement qu'il portait sur l'acte qui l'a livrée à la publicité. . . » Sur ce point, il trouva le cardinal beaucoup moins accommodant : (( Nous ne pouvons point, lui dit-il, entrer en controverse [avec M. Ollivier. » La personne de M. Ollivier, observa Banneville, était indifférente et si ce qu'il demandait était bon, il fallait le faire sans s'inquiéter de l'intervention plus ou moins justifiée de tel ou tel. Le cardinal répondit qu'il en référerait au Saint-Père. Il fut plus négatif encore relativement à l'insinuation du chapeau comme signe de réconciliation : il n'y avait rien à espérer du Pape à ce sujet tant que l'Archevêque n'aurait pas expliqué, et d'une manière satisfaisante, la lettre du 26 octobre demeurée jusque-là sans réponse. Lui était-il

\. Banneville à La Valette, 17 mars 1869.

donc si difficile de répondre au Pape?... de reconnaître que la doctrine du Saint-Père était la doctrine de l'Église, puis d'ajouter que, citoyen français, évêque et sénateur, il était placé sous les lois de la France et devait, à ces titres divers, les respecter et les observer? Cela fait, le Pape eût répondu, et tout était fini... »

Le Pape confirma le langage de son secrétaire d'Etat en ajoutant qu'il autorisait le gouvernement de l'Empereur à faire tel usage qu'il jugerait convenable et bon des explications échangées et des déclarations reçues^ Il n'alla pas au delà, et il ne fit pas insérer dans les journaux pontificaux le désaveu qu'eût désiré le gouvernement français, même après que V Univers, le défenseur attitré en France de la Papauté, eut inséré le texte complet en latin de la lettre du 26 octobre. 11 n'accorda pas davantage la pourpre à M='' Darboy, même après que celui-ci eut, dans une lettre pastorale (30 mars) adressée à son clergé, publiquement professé son dévouement au Saint-Père.

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