Ferry, Élections de 1863, p. 108 et Conclusion
LES ELECTIONS DE 1869. iU
choses se passèrent de même en province; tout en revendiquant la destruction du pouvoir arbitraire et la constitution d'un gouvernement constitutionnel réel, on resta attaché à l'ordre légal et on se déclara hostile à tout désir de révolution V; seulement, au lieu d'exprimer ces vœux avec précaution, on les formait à haute voix et d^un accent résolu. M. Thiers eût été le chef de ce mouvement si l'on avait cru à la sincérité de ses affirmations dynastiques % mais on n'y
4. Le sentiment révolutionnaire était si peu en faveur dans la province que Paul Bethmont considéra comme trèsdangereux pour sa candidature d'en être accusé et il s'en défendit par la lettre suivante :
« Saujon,'^19 mai.
« Monsieur le rédacteur,
(( Bien qu'ayant prêté le serment imposé à tout candidat, serment de fidélité à l'Empereur et d'obéissance à la Constitution, mes adversaires ne cessent pas de répéter partout que je suis un révolutionnaire et que c'est par le désordre que je veux arriver à la liberté.
« Pour couper court une fois pour toutes à des accusationsqui ne sont qu'une manœuvre, pour bien prouver que je suis aujourd'hui ce que j'étais hier, ce que j'étais il y a cinq ans, j'ai voulu affirmer publiquement mon serment, et unir aux yeux de tous, dans un sentiment commun, mon respect de là loi, mon amour de la liberté.
«Je vous prie, monsieur le rédacteur, de publier la présente lettre, qui aidera à dissiper les équivoques, les incertitudes dont [sic], par une nouvelle manœuvre, on voudrait incriminer ma loyauté.
« Agréez, etc. — P. Bethmont. »
2. « Eh bien! les intentions que nous apportons ici les voilà. Ces libertés sont celles que nous demandons loyale-
voyait qu'un passeport pour ses attaques et, par cette raison, ceux qui voulaient améliorer et non détruire, me jugeant de bonne foi résolu à exécuter ce que j'annonçais, s'étaient groupés autour de moi. A Paris et dans les grandes villes la disposition dos esprils était tout autre. On y mettait aux voix le renversement de l'Empire et la vengeance de 1851. Aux candidats on ne demandait pas s'ils défendraient la liberté, mais s'ils prendraient parti pour la Révolution.
Les procédés de la lutte, du côté du gouvernevernement furent également incorrects et méritèrent mêmes censures. Forcade reprit sans scrupule les précédents consacrés : les affiches blanches, les bulletins distribués par les maires et les gardes champêtres, les menaces, les promesses collectives ou individuelles, l'évocation du spectre rouge, les fonctionnaires publics de tous les degrés mis en réquisition et le combat contre les candidats non agréés imposé comme un service public. M. Magne', qui se préparait
ment, et si on nous les accorde, notre devoir à tous, — je le proclame en honnête homme — notre devoir est de les accepter loyalement, sans arrière-pensée... Sans doute des hommes de bon sens et de bonne foi peuvent avoir dans le •cœur des affections anciennes, mais ces hommes de bon sens et de bonne foi ne poursuivent pas un but dynastique, car ce serait sacrifier le pays à des questions de personnes. Ils ne s'attacheront pas invinciblement à certaines formes de gouvernement, parce que ce serait sacrifier le pays à l'esprit de système. » (Jules Favre : Très bien!) Séance du 2 avril 1869.