‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 3)Chapitre 126 sur 165 · Pascal, 9« Provinciale · texte numérisé non relu

Pascal, 9« Provinciale

liberté, tant qu'elle s'obstinera dans le système (les armées permanentes, qui entretiennent, d'un bout de l'Europe à l'autre, l'esprit de haine et de défiance; qui, à l'intérieur, éternisent les gros budgets, perpétuent le déficit, ajournent indéfiniment la réforme de l'impôt, absorbent enfin dans des dépenses improductives les ressources qu'exige impérieusement la grande œuvre sociale de l'enseignement populaire. Aussi faut-il vouloir par-dessus tout la décentralisation administrative, la séparation absolue de l'État et de l'Eglise, la réforme des institutions judiciaires par un large développement du jury, la transformation des armées permanentes. Ce sont là des destructions nécessaires. »

On ne songeait pas à faire vivre la liberté, mais à faire mourir l'Empire. Jules Ferry s'en est vanté plus tard : « Le programme de 1869 était avant tout sous une forme législative la négation du pouvoir impérial; il s'agissait alors de désarmer le pouvoir impérial, de lui enlever pièce à pièce toute l'autorité dont il pesait sur le suffrage universel par la candidature officielle, sur la presse et sur les réunions par les lois répressives que vous connaissez, sur la justice, sur l'armée, sur le clergé, c'était, en définitive, sous une forme légale, la déchéance de l'Empire par le désarmement progressif, continu du pouvoir impérial*. » Et ces bons apôtres se plaignaient d'être calomniés quand on les accusait

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