‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 3)Chapitre 138 sur 165 · De Montholon, 14 mars · texte numérisé non relu

De Montholon, 14 mars

par quelques bonnes âmes, il manœuvra avec une telle adresse que peu après don Fernand épousa la comtesse d'Edla^ 11 parut dès lors que le règne du Portugais était irrévocablement écarté.

Serrano, aussi obstiné à son Montpensier qu'Olozaga à son Portugais, prôna de nouveau son candidat : on pourrait le prendre, soit comme roi, soit comme mari de l'Infante devenue reine. Mais il y avait contre ce prince un courant invincible d'impopularité dans toutes les classes de la nation : les libéraux le suspectaient, les conservateurs lui reprochaient sa conduite envers la Reine, le peuple, qui lui reprochait ses lésineries et son mercantilisme, l'appelait le marchand cV oranges à cause des profits qu'il tirait des produits de ses jardins ^; il étalait maladroitement son ambition et l'on doutait qu'il eut la capacité de la soutenir. Castelar a été, en cette occasion, l'interprète de l'opinion générale: « [1 y a ici 80 républicains, 30 démocrates et 100 progressistes qui seront unanimes pour voter contre lui. Peut-être, espèret-on arracher aux Cortès leur consentement par lassitude; mais les Cortès ne peuvent ni ne veulent se suicider. D'ailleurs, ne voit-on pas que l'état du pays est tel que, lors même que la Chambre voterait pour Montpensier, le peuple ne voudrait pas le recevoir? » Les progressistes, Zorilla et Muniz, contîrment ces appréciations :

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