‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 3)Chapitre 140 sur 165 · De la Tour d'Auvergne, 30 avril · texte numérisé non relu

De la Tour d'Auvergne, 30 avril

bassadeur d'Espagne à Vienne, de passage à Berlin en mars 1869, avait, sous prétexte de saluer le Roi, pressenti le chancelier qui n'avait pas accueilli la suggestion. En effet, la seule visée positive poursuivie alors par la politique prussienne était que l'Espagne restât indépendante de l'influence française. Tout ce qui contribuerait à ce résultat, qu'elle qu'en fût la forme, lui paraîtrait bon. Moltke notamment a expliqué cette opinion de tous les hommes d'État prussiens : (( Cette révolution, avait-il dit, paralyse Napoléon ; elle agit comme un emplâtre ; cette mouche espagnole tire parfaitement ! Je ne verrais pas d'inconvénient à ce que la république y soit proclamée, parce que, après l'élévation d'un prince d'Orléans sur le trône d'Espagne, ce serait ce qui pourrait le plus inquiéter Napoléon^ ». Ainsi la solution qui eût le mieux convenu aux Prussiens eût été la république; ils se fussent encore accomodés d'un d'Orléans mais ils eussent trouvé excessif de travailler en faveur d'un prince qui, après tout, restait français. S'ils se décidaient à intervenir autrement que par le désir, ce ne serait qu'au profit d'un prince allemand. En vue de cette éventualité, Bismarck avait jeté les yeux sur le frère du roi de Roumanie, catholique, homme fait, Léopold de Hohenzollern, mari de la princesse Antoinette de Portugal. Sans s'être enquis des dispositions de la famille Hohenzollern ni de celles du roi de Prusse et pas

Page 1