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rénées, que nous devrions nous préoccuper des intentions réelles do la cour de Prusse. J'approuve donc votre réserve, en traitant ce sujet avec M. de Bismarck, tout en vous invitant à rester attentif à tout ce qui pourrait nous éclairer, sur la conchision que nous devrons tirer de son kmgageK »
Certainement il était superflu d'instruire Bismarck des conséquences d'une candidature Holienzollern . . . Au lieu d'être un des plus grands hommes d'État de son siècle, il en eût^été un des plus écervelés ou mieux l'un des plus niais, s'il n'avait pas vu la perspective menaçante qui, du premier coup, saisit l'esprit du prince Antoine, et s'il avait pu supposer qu'en aucun temps, et surtout après les événements de 1866, la France supporterait l'intronisation, derrière l'une de ses portes méridionales, d'un prince et d'un colonel prussien. Notre démarche ne lui apprenait donc pas ce dont il n'avait pas besoin d'être instruit. Elle l'avertissait d'une manière discrète que nous étions attentifs et l'invitait à ne pasjnous placer à l'improviste devant un fait qu'il nous serait absolument impossible de tolérer -.
1. De Paris, 19 mai 1869. Dans son livre Ma mission en Prusse, Benedetti, je ne sais pourquoi, n'a pas reproduit la première partie de cette dépèche.
2. (Walpole, History of twentyfive years, p. 484, t. P') : Quelque imparfaitement que le comte de Benedetti aitrempli son devoir, le comte de Bismarck ne pouvait guère ignorer que l'adoption de la candidature Hohenzollern aurait profondément irrité la France.
COMMENCEMENT DU COMPLOT HOHENZOLLERN. d"ÎÎ
L'interrogation de Benedelti ne produisit pas l'effet qu'on devait en attendre. Elle ne détourna pas Bismarck d'une intrigue en Espagne, elle attira au contraire son attention sur le parti à tirer des événements qui s'y déroulaient. Il se croyait mal informé par son ministre Kanitz. Ce diplomate n'était pas un évaporé comme Usedom, mais c'était aussi un passionné. Seulement sa passion était inverse de celle de son confrère. Usedom pactisait avec la révolution italienne même sous sa forme la plus avancée; Kanitz, au contraire, était l'ennemi de la révolution espagnole même sous sa forme la plus modérée, et ne cachait pas ses prédilections pour Isabelle, pour son fds et, à leur défaut, pour don Carlos. Avec un tel homme il était difQcile de nouer des intrigues souterraines. [1 fallait un instrument plus souple et surtout moins en vue. Bernhardi n'étant plus nécessaire à Florence depuis qu'Usedom avait été remplacé, Bismarck l'appela à Berlin d'où il l'envoya en Espagne en passant par Paris. Ses instructions furent de favoriser tout ce qui pouvait être désagréable à la France : (( On sait que le parti cosmopolite, lui dit-on, fera tout pour amener en Espagne la proclamation de la république. Notre gouvernement ne voit rien qui soit à craindre dans l'établissement de la république en Espagne, et il la laisserait
s'implanter sans obstacles. En réalité tout ce qui peut rendre l'Espagne indépendante de l'influence française est bon et agréable au gouvernement prussien, quelle qu'en soit d'ailleurs la forme. Que l'Espagne reste indépendante de l'influence française, c'est Tunique but que nous ayons en vu e ^
Bernhardi arriva à Madrid vers la fin de mai. 11 se rendit immédiatement en Andalousie où se trouvait le centre principal de l'organisation républicaine-. Pendant qu'il s'occupait à ses menées républicaines la candidature lancée en Allemagne prenait un long détour et arrivait en Espagne par Lisbonne où elle était apportée de Bruxelles. Un jour le ministre portugais en Belgique, alors en congé, à Lisbonne, le vicomte de Seyssal, au milieu d'une conversation sur les afl^aires générales, dit à Los Bios, le ministre espagnol envoyé à don Fernand : (( Pourquoi ne vous servez-vous pas de vos relations avec les bommes influents d'Espagne, et principalement avec Prim, pour faire adopter la candidature du prince Hohenzollern? Le choix serait excellent; il plairait à la Prusse, môme à don