LA LIGNE DU MEIN
ter aux sollicitations de mon gendre le Grand- Duc de Bade, qui voudrait joindre son pays à la Confédération. Vous pouvez dire tout cela de ma part à Napoléon quand vous le verrez. »
A son retour à Paris, Nigra alla s'acquitter de cette espèce de commission. L'Empereur l'écouta et ne lui répondit pas un mot; Nigra eut l'impression qu'il aurait désiré de la Prusse quelque chose de plus qu'une simple assurance verbale. Toutefois il fit savoir, je ne sais par quelle voie, au roi Guillaume qu'il avait entendu avec satisfaction ce que Nigra lui avait rapporté de Baden. Mais le Roi à son tour trouva que ce n'était point assez; que l'Empereur aurait dû attacher plus d'importance à la communication et y répondre autrement que par l'assurance vague d'une satisfaction platonique. Il demeura convaincu que si l'Empereur n'avait pas consenti à entrer en conversation, c'est qu'il méditait une attaque plus ou moins prochaine, et la défiance réciproque persista.