‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 3)Chapitre 18 sur 165 · Lettre particulière de Gramont à Moustier, 20 octobre · texte numérisé non relu

Lettre particulière de Gramont à Moustier, 20 octobre

de Bismarck pour s'organiser ; il n'est pas sur cependant qu'au dernier moment il ne l'ait facilité. Avant même que le gouvernement de la Reine se fût enfui de Madrid, le ministre prussien en Espagne reçut l'ordre d'assurer à Gonzalez Bravo que son gouvernement n'était pour rien dans la conspiration. Or, au même moment une correspondance interceptée donnait au ministre espagnol une conviction « toute contraire à cette déclaration spontanée » ^ La révolution consommée, l'ambassadeur prussien à Vienne avait présenté aussi les mêmes dénégations. Dans certains cas, qui s'excuse s'accuse. Malgré tous les démentis, en France l'opinion, qui n'admettait pas que Mentana ne fût pas l'œuvre de Bismarclc, demeura plus persuadée encore qu'il était l'instigateur des troubles d'Espagne -. Cette croyance, vraie ou fausse, devait être un avertissement à Bismarck, si véritablement il ne cherchait pas à nous pousser à la ûuerre, de s'interdire toute immixtion dans des affaires où l'Allemagne n'avait pas un intérêt direct et d'imiter l'exemple de sagesse et de réserve que lui donnait Napoléon III.

Ee roi Guillaume semblait être dans ces dispositions. Un envoyé italien, Barbolani, s'étant rendu à Berlin, sous prétexte de consulter la Prusse sur la possibilité d'une Union ibérique, en réalité pour sonder la cour amie sur la can-

1. Tallichet, La guerre fjmnco-prussienne. Bibliothèque universelle de Lausanne, juin 1871.

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