‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 3)Chapitre 27 sur 165 · Sallustii C. XXXVn · texte numérisé non relu

Sallustii C. XXXVn

En effet, c'étaient toujours les mêmes orateurs qui répétaient, presque dans les mêmes termes, les mômes énormités ; le public se dégoûtait de les entendre ; chaque jour les salles se remplissaient moins. De plus, après s'en être pris au bon Dieu, à la famille, à la propriété, à l'Empereur, les orateurs s'étaient mis à malmener leurs amis de l'opposition, même le radical Jules Simon, et à se déchirer entre eux; les hébertistes pourchassaient les jacobins qui le leur rendaient ; le public n'eût pas tardé à siffler ces drôles sans esprit et sans force.

Mais le gouvernement laissa trop apercevoir qu'il tendait un piège là où on avait cru qu'il pratiquait une sagesse, et que sa tolérance n'était qu'un moyen de compromettre la liberté. Les journaux d'opposition faisant le silence sur ces scènes grotesques, les journaux officieux les étalaient d'autant plus, et un écrivain ministériel, Auguste Vitu, fut chargé de les reproduire avec commentaires dans une brochure distribuée dans toutes les mairies et répandue à profusion dans les campagnes. Darimon demandait à La Valette, gendre de Rouher, pourquoi on laissait aller ainsi. Il répondit qu' « on n'allait pas encore assez loin ^ ». Rouher, à qui Jérôme David posait la même question, répliquait: (^ Laissons la liberté se discréditer complètement par l'abus qu'on va en faire; après, nous aviserons -.»

1. Darimo.x, Les Irréconciliables sous VEmpire, 20 novembre 1868.

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