CHAPITRE V
Le prince Charles de Roumanie n'avait pas déçu l'espérance que son avènement avait fait naître à Berlin. Il avait rempli de son mieux le rôle de sentinelle de la Prusse sur le Danube, organisé son armée à la prussienne, mis à sa tête le lieutenant-colonel Krazinsky, en attendant de congédier la mission française, et livré ses travaux publics à des ingénieurs allemands. 11 était encouragé dans cette conduite par son père le prince Antoine, dont l'autorité sur lui était grande. L'antipathie de ce prince contre Napoléon III, malgré les égards dont il en était comblé, avait un instant à Paris fléchi dans l'éblouissement de l'Exposition universelle. A son retour chez lui, ses mauvais sentiments s'étaient réveillés et il ne cessait d'éloigner son fds du bienfaiteur sans la complaisance duquel il n'aurait pas régné. « La France, lui écrivait-il, perdra de plus en plus son prestige : elle ne peut rien faire contre l'Allemagne unifiée ^ » Le jeune