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malgré les instances des trois puissances auxquelles s'unirent la Prusse et l'Italie, et la Turquie procéda à des voies d'exécution. Son amiral Hobbart donna la chasse à VŒnosis jusque dans le port de Syra; il exigea que le navire lui fût livré comme pirate, et s'établit à l'entrée du port jusqu'à complète satisfaction.
Un ultimatum en cinq points fut remis à la Grèce. Il demandait : l"" de disperser immédiatement les bandes de volontaires organisées dans différentes parties de la Grèce ; 2" de désarmer les corsaires Œnosis, Crète et Panhellemon ou de leur fermer l'accès des ports helléniques; S'' d'accorder aux émigrés crétois la liberté de rentrer dans leur pays, et une protection efficace; 4'' de punir conformément aux lois ceux qui se sont rendus coupables d'agression contre les militaires et sujets ottomans, et d'accorder aux victimes une juste indemnité ; S'' de suivre une ligne de conduite conforme aux traités existants et au droit des gens. La Grèce rejeta l'ultimatum (15 décembre) ; les relations diplomatiques furent rompues (16 décembre). Ignatiew fait alors adresser par Delyanni, à Eliot, à Bourée et à lui-même, une lettre qui demande la protection des puissances garantes, et il commence par y adhérer en se réservant de se récuser si Eliot et Bourée ne l'imitent pas. Eliot refusa en quelques mots brefs, Bourée avec des considérations explicites : « Les déclarations de la Porte ne laissant nul doute sur son opposition à la mesure proposée, je regrette de n'y pouvoir accéder. Il
me semble difficile d'attribuer aux représentants des puissances garantes le droit d'assumer la protection des sujets et des intérêts helléniques, quand la Porte ne demande au cabinet d'Athènes que le respect de son propre territoire. »
Il n'y avait plus à discuter et à parlementer. La tentative de Petropawloski finissait misérablement : les volontaires débusqués, pourchassés, pressés par la faim et le froid, demandaient à capituler et notre consul Champoiseau obtenait que la Turquie, les recevant en grâce, les transportât avec armes et bagages à Syra et promulguât une amnistie générale (23 déc. 1868). La Grèce en proie au plus grand désordre administratif, sans finances, était hors d'état de résister à l'armée turque si elle n'obtenait une aide étrangère. Elle n'en pouvait espérer aucune de Napoléon m, dont elle n'avait pas écouté les conseils, et qui n'était nullement engagé, par cela qu'il proclamait le principe des nationalités, à lui prêter secours, car, selon la juste observation de La Valette : a Si on est toujours obligé de ne pas intervenir contre un mouvement national, on n'est pas toujours tenu d'intervenir /^oz^y; on n'a à consulter que ses convenances et ses intérêts ^ » La Russie seule était moralement obligée d'aider ce peuple que, depuis deux ans, elle encourageait à la lutte : quand on a ainsi sonné le combat il n'est pas honorable de se dérober au moment décisif. C'est cependant ce qu'elle fit, et
1. Ranghabé à Delyanni, 7 janvier 67; Empire libéral, t. I<=% p. 9.
la pauvre Grèce brisée par son effort inutile^ n'eut plus qu'à capituler.
A ce moment de détresse, une double révolution ministérielle substituait à Londres le cabinet libéral Gladstone-Clarendon au cabinet tory^ et La Valette, réputé partisan des nationalités, prenait à Paris la succession de Moustier, qui ne leur était, point favorable.