Rapports du 31 août et du 22 novembre
tion du Roi. (( Si la Prusse n'avait aucun matériel de campagne et qu'elle eût à s'en créer un, elle n'hésiterait pas à adopter le bronze ^ »
Stoffel escomptait trop tôt la décision du Roi. Malgré l'avis des commissions d'essai, un certain nombre d'officiers d'artillerie très autorisés persistèrent à soutenir que c'était l'emploi de l'acier qui donnait à l'artillerie prussienne sa supériorité de portée et de justesse. L'infériorité du bronze vis-à-vis de l'acier tient à deux causes : 1^ Quand la charge de poudre s'enflamme, il se produit une quantité de gaz qui occasionne dans tous les sens une pression énorme qui pousse et lance le projectile, et dilate les parois intérieures. Il importe que le métal soit élastique pour que le canon reprenne à l'instant même sa forme première : l'acier est élastique, le bronze l'est peu. 2° Le projectile, en tournant le long des rayures, glisse à frottement très dur sur elles; il faut que le canon soit en métal très dur, sans quoi ces frottements usent rapidement les rayures, et les déforment : l'acier est un métal dur, le bronze est un métal relativement doux, s'usant vite.
Le Roi ne crut pas prudent de se prononcer entre deux opinions si ardemment soutenues; il laissa la question ouverte, et, tout en conservant à l'artillerie prussienne le matériel en acier dont elle était complètement pourvue, décida qu'on continuerait les études, et qu'à titre d'essais, on fabri-