‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 3)Chapitre 56 sur 165 · Rapport du 20 février · texte numérisé non relu

Rapport du 20 février

querait en bronze des pièces de 8 c. jusqu'à concurrence de deux cents.

La fusée à percussion avait été conservée avec d'autant plus de conviction que les Autrichiens, frappés de la difficulté en laquelle ils s'étaient trouvés de régler leur tir, à Sadowa, avaient muni une partie de leurs shrapnells de fusées de cette nature.

Les Prussiens avaient également songé à mettre en état leurs places fortes, ces pierres combattantes. Mais sous ce rapport ils n'étaient pas aussi avancés que nous aurions pu le craindre. Dans ] a vallée du Rhin, on trouvait Mayence, Cologne, Wesel, que Napoléon 1'^'' appelait les trois brides du Rhin, parce que qui les possède est maître du fleuve. En ces trois places on en était resté aux projets. Wesel n'étant pas sur une jonction de voies ferrées, on l'avait laissé dans son état actuel; mais au point où convergent les voies ferrées, on avait décidé la construction de deux têtes de pont. A Cologne on avait arrêté de raser les forts extérieurs et de les remplacer par d'autres plus éloignés, d'agrandir aussi l'enceinte de la place. Mais aucun de ces projets n'était en train d'exécution. Mayence pouvait jouer du côté des Allemands le rôle qui de notre côté était destiné à Metz. Sous ce rapport la situation était à souhait. Les ingénieurs allemands avaient démontré la nécessité, pour donner à cette place toute sa valeur, de construire un camp retranché tel que celui dont Metz venait d'être entouré et de fortifier la hauteur de

Hechtsheim, située au sud, sur la route que suivrait une armée française irinvasion. On n'en avait encore rien fait, et la ville était dans le même état qu'en 1866. On avait seulement décidé un agrandissement de Tenceinte qui n'était pas encore commencé En nous exposant cet état défaits, notre attaché militaire ajoutait : « Il y a pour nous un avantage trop évident à ce que cette hauteur (de Hechtsheim) ne soit pas fortifiée; car autant nous aurions tort, en temps de guerre, d'aller nous buter contre Mayence si cette place était transformée en un camp retranché; autant il peut sembler raïsonnahle dans l'état actuel des choses de surprendre le passage de la Sarre, et de marcher à tire-d'aile sur Mayence^ Une fois en possession de Hechtsheim, nous pourrions être maîtres de Mayence, grâce à l'artillerie actuelle, après un siège de courte durée, car des batteries établies à Hechtsheim dominent la ville et prennent d'écharpe le pont oblique du Rhin^ »

Le matériel de ces forteresses offrait les calibres les plus différents, des pièces de fer, de bronze, d'acier, les unes rayées, les autres lisses, A Mayence notamment, il y avait un quart de canons rayés, le reste de canons lisses de dix-sept calibres divers. Cette négligence relative tenait à €e que Moltke comptait porter si résolument l'offensive sur le territoire français, qu'il importait peu de mettre en état de défense des amas

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