‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 3)Chapitre 57 sur 165 · Rapport du 16 juin · texte numérisé non relu

Rapport du 16 juin

de pierres qu'on ne pouvait pas offensivement jeter en avant. Une de ses maximes était que <( c'est l'armée de campagne qui décide du sort et de l'honneur des États, bien plus que les positions fortifiées ».

L'attention se porta avec non moins de vigilance sur ce que je me permettrai d'appeler l'outil-homme, sur celui qui devait rendre efficaces, par l'usage qu'il en ferait, les armes perfectionnées qu'on mettrait dans ses mains : le soldat.

Trois ans de service, terme légal fixé par la loi fédérale, étaient nécessaires à ce dressage complet. Mais pour entretenir pendant trois ans sous les drapeaux tous les jeunes gens de vingt ans, il fallait des ressources supérieures à celles que le budget accordait au généralissime. Alors on laissait dans leurs foyers ceux que le budget ne permettait pas d'entretenir ^ Au cas d'une déclaration de guerre on se réservait le droit de les reprendre pour en constituer la « réserve

1. Stoffel a fixé à 36 000 le nombre des jeunes gens compris dans cette catégorie. Une note que la section historique de l'État-maJor prussien a eu l'obligeance de communiquer à mon secrétaire croit que ce chiffre doit être réduit à 20 000, à moins qu'on n'y ajoute les conscrits qui, quoique reconnus aptes au service militaire, ont été versés, en considération de leur situation comme soutiens de famille, dans la réserve ou ont reçu un sursis d'un an, dont il est impossible de constater le chiffre.

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(le recrutement », en d'autres termes, les dépôts destinés à combler les vides de l'effectif combattani. Mais on les trouvait sans instruction préalable et apportant un élément de faiblesse plutôt que de force. On s'était donc attaché à réduire au plus petit chiffre possible les disponibles non instruits. Au lieu de conserver dans l'infanterie pendant trois ans tous les hommes, on leur accordait dès qu'on les jugeait suffisamment instruits, après deux ans, ce qu'on appelait un (( congé du Roi », c'est-à-dire, on ne les plaçait pas dans la réserve, comme on l'a dit parfois faussement, on les renvoyait chez eux, où ils restaient à la disposition jusqu'à l'expiration de leurs trois années, et, à la place qu'ils avaient laissée libre, d'autres recrues recevaient une instruction que, sans cela, l'absence de ressources budgétaires n'eut pas permis de leur donner. Il n'en est pas moins vrai que ce raccourcissement du temps de service diminuait, dans une mesure appréciable, sinon l'élan du soldat prussien, du moins sa solidité et sa maîtrise de soi-même.

L'instruction des artilleurs fut l'objet de la sollicitude passionnée de l'inspecteur général Hindersin. Cet homme doit être placé, au-dessous de Roon et de Moltke, parmi ceux qui contribuèrent le plus au succès de la Prusse. C'était un personnage étrange. Fils d'un pasteur, il était arrivé par un effort violent de travail et de volonté, au milieu des privations les plus rudes, au grade supérieur de son arme; son aspect

avait quelque chose de farouche : trapu, les traits durs et rigides, la face large, bronzée, surmontée d'un front vaste, encadrée de favoris d'un blond roux, brusque, violent, soupçonneux, ne riant jamais, dédaignant d'être aimé et préférant être craint, il apparaissait à ses inférieurs comme la Statue du Commandeur. Sa devise était: « La journée est de vingt-quatre heures de service », et il exigeait qu'elle fut ainsi pour ceux qu'il commandait. Il institua une école de tir dont il était le directeur, le surveillant, l'inspirateur, et il obtint des résultats remarquables.

Parmi les officiers de toutes armes, infanterie, artillerie, cavalerie, état-major, les instructeurs s'appliquèrent à développer l'esprit d'initiative. Ils habituèrent leurs subordonnés à recevoir des ordres généraux, s'en remettant à eux des moyens d'exécution ; il les dressèrent non moins encore à se passer d'ordres et à agir sous leur propre responsabilité: ils n'admettaient pas qu'un officier se justifiât de n'avoir pas accompli un acte nécessaire commandé par la circonstance en disant : « J'attendais les ordres » ; ils voulaient qu'on les devançât. Sans doute, dans certains cas, cette initiative peut déranger les plans d'un chef, mais quelle bonne pratique n'a pas ses inconvénients? L'habitude de l'initiative de chacun donne à une armée une vigueur, une vie, un élan constants qui dispensent le général de songer à des détails et de se fatiguer à les régler parce que chacun de ses subordon-

nés y pourvoit spontanément. Il est d'ailleurs toujours possible, par une défense formelle, d'arrêter des ardeurs imprudentes qui dérange- Taient les combinaisons.

On accrut de même la valeur du cavalier. Pour lui, pas de congé du Roi, et même l'on s'efforça d'en obtenir volontairement, par certains avantages, une quatrième année de service ^ L'expérience de 1866 avait démontré avec quelle difficulté les chevaux les plus diligemment choisis s'habituent au service du régiment. La création d'un 5*^ escadron permit, au ca& de mobilisation, d'en laisser un au dépôt pour compléter le dressage des dernières remontes ainsi que l'éducation des hommes encore incomplète.

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La tactique de la cavalerie et de l'artillerie •dans la bataille fut la modification la plus importante par ses résultats ultérieurs. En 1866 la cavalerie avait rendu peu de services. Suivant la routine de ce temps on en réservait la plus grande partie pour achever la journée par la poursuite, et on ne lançait en avant pour fouiller le pays que la cavalerie légère. Cette tactique

1. Supplément de solde, perspective d'être promus à la première classe et même au grade de sous-officier ; réduction de deux années du service de la landwehr, avec dispense de paraître à ses exercices ainsi], 'qu'à ceux de la vréserve.

fut changée. Toute la cavalerie devint la cavalerie d'avant- garde qui, conformément à la pratique de Napoléon P% lancée en avant à plusieurs journées de marche, prendrait contact avec l'ennemi, renseignerait sur ses mouvements, inonderait le pays, couperait les télégraphes, réquisitionnerait des vivres, répandrait la terreur, cacherait les mouvements de l'armée et, pour que le mot ne nuisît pas à la chose, on supprima le nom de cavalerie de réserve, car selon une juste observation du général Hohenlohe, « rarement un chef se décide à porter en avant un corps qui porte écrit au front le nom de réserve. Quelle drôle de réserve, en effet, que celle qu'on emploierait dès le début! » L'ancienne réserve devint les « divisions de cavalerie ».

L'artillerie, en 1866, n'avait pas fait meilleure figure. Astreinte servilement à la méthode napoléonienne, rendue surannée par le perfectionnement du tir, elle avait été tenue en grande partie en réserve aussi loin que possible derrière les troupes combattantes, attendant le moment de porter tout son effort sur le point décisif où se trouverait la solution de la bataille. La plupart du temps elle avait attendu en vain car la solution avait été obtenue sans elle et avant qu'elle eût le temps d'arriver. Au contraire, les Autrichiens à Sadowa avaient mis leur artillerie en avant comme de grands corps de bataille au premier moment, et même avant l'engagement, afin de préparer l'aclion de l'infanterie..

C'est à cette disposition qu'elle avait dû ses succès malgré la supériorité de l'armement prussien. Hindersin était très attaché, presque avec superstition, aux vieilles méthodes; mais travailleur acharné, il ne fermait pas les yeux aux enseignements de l'expérience. Il recueillit celui que lui avait donné le vaincu de i866, et il prescrivit que désormais ce qu'on appelait les réserves d'artillerie ne seraient plus tenues en arrière dans l'attente d'une action qui peut-être ne se présenterait pas, qu'elles seraient dès le premier moment portées en masse en avant de l'infanterie pour préparer son action par une terrifiante canonnade. Pour que le mot fût conforme à la chose, comme on l'avait fait pour la cavalerie, on supprima le nom d'artillerie de réserve et on lui substitua celui d'artillerie de corps.

De toutes les innovations réalisées alors par la Prusse, cette transformation de la tactique de la cavalerie et de l'artillerie fut celle qui nous devait être le plus funeste.

Une autre préoccupation des plus instantes de l'Etat-major fut de préparer l'action commune avec les États du Sud. La Prusse ne renonçait à leur absorption politique que pour travailler avec une volonté infatigablement énergique à la fusion militaire. A Bade le ministre des Affaires étran-

gères Freydorff et le ministre de la Guerre, le Prussien Beyer, étaient complètement acquis à la Prusse. Le premier ministre Jolly rencontrait des adversaires personnels, mais les plus prononcés, Bluntschli et Lamey, accentuaient plus que lui la passion unitaire. Bismarck n'avait là qu'à refréner et non à pousser. A la fin de 1868 l'armée badoise n'était plus qu'une fraction de l'armée prussienne. Une convention autorisait « les sujets de la Confédération et les sujets badois sur le territoire de la Confédération, à se soumettre au recrutement et à satisfaire à leurs obligations militaires » (il décembre 1868). Par conséquent les volontaires d'un an des deux pays pouvaient poursuivre indifféremment leurs études, soit à Berlin, soit à Heidelberg, soit dans toute autre Université.

Dans le Wurtemberg et la Bavière, on n'en était point arrivé si loin et, malgré qu'on imitât les institutions prussiennes l'armée conservait certain particularisme. Toutefois, même là, la Prusse travaillait très habilement. Ne pouvant faire des armées du Sud des fractions de sa propre armée, elle s'ingéniait à faire de leurs officiers des Prussiens. Elle avait déterminé ces gouvernements à envoyer et à entretenir à Berlin un nombre d'officiers de tous rangs qui augmentait et se renouvelait sans cesse ; admis à servir dans les différents corps et à l'État-major général, ils étaient l'objet d'attentions particulières, et la plupart, venus avec des sentiments de défiance, s'en allaient animés de la confrater-

nité militaire avec leurs camarades prussiens. Le roi de Wurtemberg, nonobstant la répulsion de l'opinion publique et l'opposition très vive de sa famille, envoya le prince héritier servir dans la garde prussienne, moyennant le privilège inoffensif, que l'on n'eut garde de lui refuser, déporter l'uniforme wurtembergeois.

Un seul point n'avait pu être obtenu par la Prusse, le service triennal. Même à Bade, on n'avait établi que deux ans dans l'armée active, et trois au plus dans la réserve. En fait, surtout en Bavière, le service actif n'était que de dix-huit mois. Il fallut se contenter de ce qu'on avait. Il existait dans les États du Sud un certain nombre d'anciennes forteresses fédérales : Ulm, Rastadt, Landau, Mayence. La propriété immobilière de ces forteresses était retournée, par suite de la dissolution de l'ancienne Confédération, aux États sur le territoire desquels elles s'étaient élevées.

La Bavière et le Wurtemberg réglèrent ensemble la situation d'Ulm^ Hohenlohe proposa

4, Le Sourd à Moustier : « ... Je me permettrai à ce propos de rectifier une légère erreur que j'ai remarquée dans un des derniers rapports de M. le consul général de France à Francfort. M. Rothan a désigné, comme ayant pris part aux négociations à Berlin, entre les Ministres dirigeants de Bavière et de Wurtemberg, au sujet de la forteresse d'CIm,. un colonel bavarois du nom de Bolterndorf. — Je ne connais pas de colonel de ce nom dans l'armée bavaroise et je pense qu'on a confondu avec M. de Vôlderndorff, employé supérieur du Ministère des Affaires étrangères qui est le bras droit du prince de Hobenlohe et qui a été efîectivement appelé par son chef. Je n'aurais nullement songé à rectifier

pour les autres forteresses d'instituer une commission permanente siégeant tantôt à Munich, Stuttgart, Carlsruhe, dont le but serait d'organiser le système défensif des États du Sud, soit vis-à-vis d'une agression de l'étranger, soit vis-à-vis des empiétements de la Prusse. Ce projet ne pouvait plaire à Bismarck. Cependant il ne le heurta pas de front et parut même l'approuver, mais il se mit en mesure de le faire avorter.

Il existait, dans chacune de ces forteresses, un matériel mobilier sur lequel la Prusse avait des droits comme membre de l'ancienne Confédération; après un partage chacun serait resté maître chez soi. Mais Bismarck entendait être maître chez les autres. 11 demanda qu'on demeurât dans l'indivision, de manière à motiver son immixtion permanente. Grâce à ses amis de Bade, le protocole de Munich écarta toute liquidation ayant pour objet, soit un remboursement, soit le partage du matériel, et émit le vœu qu'il fût déclaré propriété commune de l'Allemagne, l'administration et la surveillance étant exercées par la Bavière, le Wurtemberg et Bade, pour Ulm, Bastadt, Landau, et par la Prusse, au nom de la Confédération du Nord, pour Mayence (10 octobre 1868).

Ceci obtenu, Bismarck laissa s'établir la Commission Permanente des Forteresses, mais en

cette erreur, si M. Rothan n'avait pas tiré de la présence d'un officier supérieur bavarois des conséquences plus importantes. » (Juin 1868.)

s'arrangeant encore pour la paralyser, il la flanqua d'une Commission de liquidation du matériel où un délégué de la Prusse siégerait naturellement, et dont la mission serait d'établir les rapports entre les systèmes défensifs du Nord et du Sud. La ratification de la Convention des Forteresses serait suspendue jusqu'à la fin des travaux de cette commission, fin que, par leurs lenteurs, les Prussiens éloignèrent à leur gré jusqu'à ce qu'ils eussent obtenu ce qu'ils voulaient.

Le plus urgent pour la Prusse était de rattacher immédiatement les Etats du Sud à son organisation offensive. Cette question eût traîné aussi longtemps que celle des forteresses si elle avait du être résolue par les hommes d'État. Les chefs d'état-major les écartèrent et l'affaire fut vite réglée dans le secret le plus absolu, si bien gardé que ni la France, ni aucune puissance n'en eut le moindre soupçon. Le général Suckow avait été autorisé à se rendre à Berlin, étudier le système de mobilisation. Lui supposant des appréhensions particularistes qu'il n'avait pas, Bismarck voulut le rassurer en attestant qu'il ne voulait pas violenter les Etats du Sud. Or, Siïckow était rien moins que mal disposé. Moltke, d'abord réservé à son égard, se dégela dès qu'il eut découvert ses sentiments; des relations d'intime confiance s'établirent entre eux, et ils arrêtèrent toutes les mesures nécessaires au cas d'une guerre avec la France. On ne discuta pas un plan général d'opérations, car un tel plan est l'affaire

exclusive du généralissime et ne peut être mis en discussion; on s'occupa d'arrêter d'avance et de rassembler en temps utile et sur des points précis des contingents allemands. Un envoyé bavarois aussi vint un peu plus tard aux renseignements et aux négociations. Après son départ et celui de Suckow, les échanges d'idées continuèrent par correspondance, et il fut convenu, qu'en cas de guerre, à cause des distances, le ■Nord ne pouvant pas au premier moment prêter une aide efticace, le Sud serait mieux défendu par la réunion de toutes les forces allemandes sur le Rhin moyen, ces forces pouvant, soit sur la rive droite, soit sur la rive gauche, prendre l'offensive sur le flanc de l'invasion ennemie, et la forcer soit à s'arrêter, soit à battre en retraite.

Ainsi à la fia de 1868, l'accord complet s'était établi entre les états-majors du Nord et du Sud, et l'importance de ces accords, comme le dit justement Sybel, était d'autant plus grande que ce n'était pas la Prusse, mais la propre initiative des princes allemands qui les avait amenés. Lorsque nous faisions niaisement consister notre politique à défendre l'indépendance des États du Sud, ils s'entendaient déjà avec la Prusse sur la manière de nous recevoir à coups de fusil s'il nous prenait fantaisie de passer des paroles aux actes. Et c'était là la belle politique que nous recommandaient comme seule patriotique les génies de Thiers et de Rouher et que subissait 1 malheureux empereur I

Nos diplomates dans le Sud n'ont jamais cessé de détromper notre ministère des Affaires étrangères sur l'illusion de ses bureaux et de nos diplomates inpartibus, de croire qu'en aucun temps les États du Sud pussent être nos auxiliaires. Bien avant la conclusion de tous les arrangements de Stuttgart et de Munich, Le Sourd écrivait : « L'idée qu'une confédération du Sud pourrait devenir un instrument pour la France, suffit pour la rendre impopulaire. J'ai toujours soutenu dans mes conversations, en Allemagne, les intentions pacifiques de la France, parce que j'y crois sincèrement; j'aurais, d'ailleurs, cru de mon devoir de les soutenir quand même, mais si, en réalité, les craintes des pessimistes incorrigibles avaient quelque fondement, -il me paraît évident, certain, que l'Allemagne serait unie contre nous; et, il faut bien le dire, — sincèrement unie. Croire le contraire, c'est se faire illusion, c'est s'exposer à de graves et dangereux mécomptes. » (12 janvier 1868.)

L'identification complète, du moins toute celle nécessaire à une énergique action commune •contre la France était donc achevée et Moltke, tenant dans les mains tous les éléments de décision, rédigea, à la fin de 1868 et au commencement de i869, le plan stratégique de l'action commune qu'il jugeait imminente.

Gouvion Saint-Cyr a dit que « les premières fautes nécessitent et entraînent toutes les autres et que c'est à peine si, dans tout le cours d'une •campagne, il est possible de réparer celles qu'on a commises au moment de la concentration primitive ». Moltke avait éprouvé la vérité de cette maxime par la peine qu'il avait eue à empêcher les conséquences funestes de sa dissémination irrationnelle, au début des opérations en 1866, Nous jugeant plus dangereux que les Autrichiens, il se garda bien de nous offrir la même prise. Il créa trois armées composées des forces prussiennes et de celles du Sud, et ne les sépara point l'une de l'autre par de longues distances et des obstacles naturels. Une étude attentive de notre réseau ferré l'amena à supposer qu'imitateurs des dispositions d'autrefois, nous diviserions nos forces en deux Igroupes concentrés, l'un à Strasbourg, l'autre à Metz, séparés par les Vosges et de nombreuses étapes à pied, qu'aucune voie rapide ne reliait.

En conséquence il réunit ces trois armées dans la Prusse rhénane et le Palatinat bavarois, «ntre le Rhin moyen, la Sarre et la Moselle, le long de notre frontière, les flancs couverts par la neutralité suisse et la neutrahté belge. A droite, autour de Witlich la première composée des Vile et VIII^ corps (60000 hommes environ). Au centre, à Neunkirchen-Hombourg , la deuxième composée des IIP, IV°, X*^ corps et la Garde (131 000 hommes). A gauche, vers le Rhin -supérieur, la troisième, à Landau et à Rastadt.

V- et XP corps Bavarois, Wurtenibergeois et Badois (130000 hommes), plus une réserve (IX'' corps combiné et XIP corps en avant de Mayence, 63000 hommes) prête à renforcer le centre ^ Le front de la ligne de Saarlouis à Lauterbourg ne devait être que de 80 kilomètres, et non de 240 comme il l'avait été en 1866 de Neustadt à Glatz. Ainsi ces trois armées massées et resserrées coude à coude eussent été placées entre Strasbourg et Metz, occupant cette ligne intérieure que Benedek aurait pu s'assurer contre les Prussiens en 1866.

Dès le dixième jour de la mobilisation les premiers détachements débarqueraient non loin de la frontière; le treizième jour l'effectif combattant de deux corps d'armée s'y trouverait réuni, et le dix-huitième, le chiffre des forces allemandes s'élèverait à 300000 hommes. Le vingtième jour, cette masse se trouverait pourvue de la presque-totalité de ses voitures; le vingt et unième les opérations pourraient commencer;

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