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due difficile par les exigences budgétaires. Nie! tourna la difficulté par une combinaison ingénieuse. La loi de finances ne lui accordait des fonds que pour 400 000 hommes avec une diminution d'un lO"" pour les congés, soit 375 000 hommes. Or, cinq contingents de 100 000 hommes réduits à 77 000 pour l'incorporation, mais accrus des 95 000 constituant la portion permanente de l'armée (officiers, gendarmes, indigènes, engagés), donnaient un total de 480 000 hommes. Les cinq classes de l'armée active, même en éliminant la seconde partie du contingent (69150) ne pouvaient donc être conservées ensemble sous le drapeau sans dépasserles ressources fournies pour l'entretien de 375 000 hommes. Le maréchal se tira de la difficulté en établissant deux effectifs : un d'hiveret un d'été; l'effectif d'hiver, réduit rigoureusement aux exigences du service et du fonctionnement des cadres, l'effectif d'été atteignant le chiffre le plus élevé. Dans tous les temps, on avait accordé un plus grand nombre de congés pendant l'hiver : IXiel, pour faire descendre le plus possible son effectif dans cette saison, les augmenta dans des proportions non encore atteintes; il les porta jusqu'à 60 000. La moyenne des régiments d'infanterie fut établie jusqu'au 1*"'' avril à 1 620 hommes et, à partir de cette époque, à 2000. Ainsi on avait sous les drapeaux pendant les sept mois d'hiver 364 000 hommes, et pendant la belle saison (l'^^ avril-l""' septembre) 414 000. Mais de ces deux chiffres il convenait
de retrancher les congés nécessaires, à toute époque, pour convalescence ou affaires de famille, évalués à 10000. Le nombre d'hommes réellement présents et soldés, soit au corps, soit dans les hôpitaux, était ramené ainsi à 404 000 pour cinq mois d'été, et 350 000 pour sept mois d'hiver. L'effectif ne se trouvait donc jamais au chiffre précis de 375 000 accordé par la loi. Pendant l'hiver il ne l'atteignait pas ; il le dépassait pendant l'été. Par cette combinaison, on retrouvait pour l'année une moyenne conforme aux prescriptions budgétaires, permettant néanmoins de satisfaire à toutes les exigences d'une sérieuse instruction. Cela avait en outre l'avantage de mettre le plus grand nombre d'hommes disponibles sous la main du ministre, au moment des plus grandes éventualités de guerre.
Après l'adoption du chassepot, Niel se souvint que des hommes susceptibles d'être rappelés en cas de guerre, ceux de la seconde partie des contingents de 1863, 1864 et 1865, étaient complètement étrangers au maniement de la nouvelle arme. Un décret impérial les appela sous les drapeaux, et ils n'en sortirent plus qu'avec leurs camarades de la première partie du contingent. On appHqua cette mesure d'une louable prévoyance, quoiqu'elle fut de nature à froisser des hommes qui se croyaient libérés, et qu'elle dût fournir à l'opposition un sujet de mécontentement à exploiter.
On ne jugea pas qu'il y eût une réforme radicale à opérer dans notre armement. Notre fusil d'infanterie, le chassepot, était, malgré les critiques des frondeurs de salons, le meilleur qui existât dans toutes les armées d'Europe. L'inventeur, à l'aide d'une rondelle de caoutchouc comprimée par l'action d'une tige de fer, avait obtenu une obturation de la culasse à laquelle aucun n'avait pu réussir aussi bien. Le montage et le démontage du mécanisme n'offrait aucune difficulté ; si l'obturateur venait à se dégrader son remplacement se faisait en moins d'une minute. Un sabre-baïonnette pouvait être fixé au canon ; c'était à la fois une baïonnette et une arme de main puissante. Son poids sans sabrebaïonnette était de 4 kilos, et malgré sa légèreté relative le recul était à peine sensible ; la portée de sa balle cylindro-conique, très efficace jusqu'à 300 ou 400 mètres sur un homme isolé, s'étendait jusqu'à 1 100 mètres, lorsque le but présentait une certaine surface ^ Le nombre des coups tirés pouvait dépasser dix par minute, a dit NieP. Son seul défaut était le manque de solidité de sa cartouche, l'enveloppe formée d'un papier mince
M. Il est toujours bien entendu qu'il ne s'agit que d'un tir ajusté régulièrement. En tirant sous de grands angles, au jugé simple, sous l'angle de 35°, le fusil Cliassepot pouvait porter jusqu'à 2 800 mètres.