‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 3)Chapitre 65 sur 165 · Discours du 7 juillet · texte numérisé non relu

Discours du 7 juillet

et d'une gaze de soie pouvait être détériorée par l'humidité et les transports. Tel quel, ce fusil était supérieur au fusil prussien beaucoup plus que ce dernier ne l'avait été au fusil autrichien en 1866. Le fusil prussien plus pesant, d'un maniement moins rapide et moins commode, avait le chargement très pénible ; au bout d'un petit nombre de coups, son tir cessait d'être dangereux à des distances où la balle française frappait encore avec une efficacité terrible.

Le nombre des fusils de 1866 étant insuffisant pour le moment, on transforma les anciennes armes rayées pour leur donner la qualité qui leur manquait, la rapidité du chargement par une transformation assez simple dont s'acquitta très bien l'industrie privée. Ainsi complétée, cette arme, désignée sous le nom de fusil à tabatière, avait autant de vitesse que le fusil à aiguille (sept coups par minute), plus de portée (600 mètres) et une balle plus dangereuse. Il avait plus de ratés, mais il ne présentait pas l'inconvénient de crachements par la culasse. On le destina à la garde nationale mobile.

Niel avait demandé au Corps législatif 144 millions pour avoir entre les mains des hommes ou dans les arsenaux trois fusils par homme. La commission du budget les lui refusa. Sans contester qu'en théorie on dût en effet avoir trois fusils par homme, elle considéra que c'était là un maximum de réserve, qu'il était raisonnable de s'assurer lorsque le modèle adopté paraissait définitif, mais qu'il serait téméraire d'éta-

blir à une époque où les perfectionnements se succédaient avec tant de rapidité ^ On n'accorda donc qu'un crédit pour la fabrication de 1200000 fusils (!"■ août 1869). Niel se plaignit d'abord de cette parcimonie, puis finit par se montrer satisfait. 11 déclara que son projet primitif avait été de donner à la garde mobile le& fusils rayés de l'ancien modèle transformés. Mais, ajouta-t-il, « comme nous sommes trè& riches en fusils du nouveau modèle, du modèle de 1866, comme nous en avons plus qu'il n'en faut pour l'armée active, afin que la garde mo~ bile ait la même arme que l'armée, afin que les cartouches et les approvisionnements soient les mêmes pour les deux corps, la garde nationale mobile — je lui annonce cette bonne nouvelle — sera armée avec le nouveau fu?>il.{Très hienl très bien!) » (Séance du 13 avril 1869.)

Restait à décider si le chassepot serait également donné à la cavalerie. Napoléon III, se rangeant à l'avis de son oncle, exprima l'opinion que « toute la cavalerie devait être munie d'une arme à feu, non pas d'un fusil lourd et incommode comme le fusil des dragons, mais d'un fusil léger se rapprochant du mousqueton et se chargeant par la culasse »-. Un décret du 14 mai

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