‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 3)Chapitre 70 sur 165 · juillet 1865. Ces batteries furent distribuées entre · texte numérisé non relu

juillet 1865. Ces batteries furent distribuées entre

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compagnies du Génie furent répartis entre Arras, Metz, le camp de Châlons, le camp de Lannemezan, le camp de Satory, Civita-Vecchia et Montpellier. Huit parcs de corps d'armée furent placés à Lyon, à Vincennes et à Metz, deux grands parcs à Metz; la construction d'un troisième fut décidée. Le grand parc de campagne organisé jusque-là en vue des routes carrossables fut adapté aux voies ferrées ^

Réunir, habiller, armer les troupes, leur procurer les moyens de camper, tout cela ne servait de rien si on n'assurait pas leur subsistance et celle de leurs chevaux, a Quand on veut bâtir une

Vincennes, Versailles, la Fère, Douai, Metz, Strasbourg, Besançon, Lyon, Valence, Grenoble, Toulon, Toulouse, Rennes, Bourges. Ainsi dans l'Est, le corps de droite d'une armée trouverait son artillerie à Besançon ; le corps du centre à Strasbourg, celui de gauche à Metz. Une armée formée dans le Nord s'alimenterait à Douai, la Fère, Vincennes et Bennes. Une armée de réserve à Toulouse et à Bourges; l'armée de Lyon à Grenoble, Lyon et Valence; l'armée de Paris, avec les excédents des régiments de Vincennes, à La Fère, Douai et Bourges.

1. La moitié seulement de ce parc est roulante et porte 50 coups par pièce; on ne changea rien à sa constitution. Mais on accrut la partie non roulante. On l'organisa par huit fractions régulières distribuées en divers arsenaux, et contenant chacune tout ce que doit comprendre un parc de campagne. Chaque fraction contenait la valeur de 90 caissons de 4 et de 33 caissons de 12. Le tiers était dans les caissons sur roues; les deux autres tiers dans des caisses blanches.

armée, a dit Coligny, on doit commencer par le ventre. » Des troupes mal nourries se dissolvent ou se battent mal. Dans tous les temps cela a été le tourment des généraux en chef et cela le deviendra de plus en plus avec nos innombrables armées. Le problème est très compliqué. On a souvent trouvé commode d'attribuer à l'incapacité de l'Intendance, toujours si éclairée chez nous, les difficultés provenant de la nature même de la guerre. Remplir des magasins d'approvisionnement à prix d'argent, est aisé; on peut aussi, plus ou moins facilement, envoyer ces approvisionnements sur les derrières de l'armée; mais comment les faire parvenir à temps aux fractions combattantes, surtout si elles opèrent des mouvements rapides? Aussi tous les grands capitaines en sont arrivés à cette règle que la guerre doit suffire h la guerre et qu'il faut pourvoir à l'entretien des troupes par des réquisitions, par des achats de gré à gré, par la nourriture chez l'habitante Les approvisionnements préparés d'avance sont réservés pour le moment où les armées peuvent être rejointes sûrement par les convois ou que le pays sur lequel elles stationnent est épuisé. Une armée doit donc exploiter le pays comme si elle ne devait rien attendre de l'arrière, et organiser des convois comme si elle ne devait rien tirer du pays. Niel rappela fortement ces règles à l'Intendance qui, du reste, ne les avait pas oubliées; il constitua des magasins

très abondamment pourvus, s'assurant par des marelles la certitude de les renouveler et de les accroître, et il prit des mesures pour que les transports de ces approvisionnements fussent assurés. A cet égard il y avait tout à faire.

Le matériel du train des équipages se trouvait à Yernon. L'Empereur ayant eu la curiosité de demander à Blondeau combien il faudrait de temps pour mobiliser les voitures qui s'y trouvaient engerbées, celui-ci alla visiter le parc. 11 se convainquit que non seulement les voitures étaient engerbées, c'est-à-dire entassées les unes sur les autres et non sur roues, mais encore que pour les faire sortir il existait une seule porte, et qu'en conséquence, elles ne pourraient être prêtes que six ou huit mois après le décret de mobilisation. L'Empereur stupéfait ordonna d'aviser sans retard à les mettre suv roues et à les distribuer entre divers dépôts. On construisit des hangars au parc de Châteauroux pour 1 200 voitures environ ; on installa à Satory toutes les voitures qui devaient être délivrées aux étatsmajors et aux corps de troupes ; on construisit des abris au camp de Châlons pour les 600 voitures destinées aux compagnies du train marchant avec les premières divisions ; on répartit dans les places de l'Est les voitures régimentaires destinées aux premiers corps. Ces travaux et cette répartition opérés, les voitures furent distribuées ^

1. 'I''^ armée. Voitures régitnentaires pour une division d'infanterie, à Metz. Voitures régimentaires pour une division

Une autre mesure très importante fut prise pour accélérer la mobilisation du train. Jusquelà, au moment d'une mobilisation, chaque compagnie du train se dédoublait. Il en résultait que ni la nouvelle compagnie, qui n'était pas encore formée, ni la compagnie mère, qui se désorganisait pour constituer la nouvelle, n'étaient en mesure de marcher dès les premiers moments. Sur la proposition de Blondeau, ce dédoublement fut opéré pendant la paix; c'était une avance sérieuse. Il fut en outre décidé que les sousofficiers et brigadiers de la réserve, ayant appartenu à la cavalerie dont les cadres étaient suffisants, compléteraient les cadres du train. Les régiments de cavalerie reçurent en magasin un nombre de harnachements égal à leur effectif sur pied de guerre, pendant que des approvi-

d'infanterie, à Strasbourg. Voitures régimentaires pour une division d'infanterie, à Besançon. Voitures régimentaires pour le reste de l'armée et voitures des états-majors des brigades et des divisions, à Toul. Voitures des trains des équipages, camp de Chàlons. Réserve, Vernon.

2^ armée. Voitures régimentaires et d'état-major pour deux divisions d'infanterie et une de cavalerie à Lyon. Le reste des voitures régimentaires et d'état-major à Satory. Toutes les voitures du train des équipages et réserve à Châteauroux.

3« armée, de réserve. Voitures régimentaires et des états majors à Satory. Toutes les autres voilures à Vernon.

La 1'''' armée trouverait entre le camp de Chàlons et la frontière les voitures qui lui étaient nécessaires pour se mettre en marche. L'armée de Lyon aurait ses moyens de transport sous la main; ceux de l'armée de Paris, à Satory; en même temps les parcs de Châteauroux et de Vernon délivreraient les voitures nécessaires à la seconde et à la troisième armée.

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sionnements de réserve étaient constitués dans les magasins centraux. Le matériel du service des subsistances fut constitué. Un matériel admirable d'ambulance fut réuni à Paris, dans les magasins centraux et dans les doclvs récemment créés aux Invalides, et une réserve constituée à Marseille pour l'Algérie. Une instruction fut faite sur les chevaux livrés aux cultivateurs de manière qu'ils fussent rendus en quinze jours (4 avril 1867;.

Niel songea un moment à établir, pour le service militaire des voies ferrées, une organisation analogue à celle qui avait été adoptée par la Prusse La question fut étudiée par une commission spéciale ; mais pour mettre en pratique les conclusions de cette commission et créer le personnel qu'elle recommandait, plusieurs années eussent été nécessaires. Le maréchal crut d'autant mieux pouvoir différer cette entreprise qu'elle ne s'imposait pas chez nous avec autant d'urgence qu'en Allemagne. En Allemagne les chemins de fer étaient entre les mains d'un très grand nombre de compagnies distinctes, cinquante au moins. En France il n'y avait que six grandes compagnies dont cinq avec leur tète de ligne à Paris. Ces compagnies avaient (i('|)uis longtemps constitué un syndicat pour le chemin de fer de ceinture, un autre pour les transports de la Guerre, de la Marine et des Finances; il serait donc toujours facile de réunir leurs directeurs et, sans perte de temps, d'arrêter avec eux les mesures d'urgence. Le personnel supérieur

de ces compagnies, recruté en grande partie parmi les fonctionnaires de TÉtat, ingénieurs des mines ou des ponts et cliaussées, offrait d'ailleurs toutes les garanties possibles de capacité et de dévouement. Le maréchal se contenta de transformer en compagnie de chemin de fer une des huit com])agnies dont se composait le bataillon du génie. Celle du 1" régiment de Metz fut organisée en compagnie de télégraphistes.

Par ces diverses mesures la mobilisation des choses parut assurée comme l'était déjà celle des hommes et le passage du pied de paix au pied de guerre, organisé aussi rapidement qu'on le pouvait souhaiter. Dès le 7 juillet 1868, le maréchal avait dit à la Chambre : a Je vous déclare que dans ce moment il n'y a pas un homme devant paraître dans notre armée qui n'ait rejoint en douze jours. » Ces paroles furent accueilHes par un long mouvement approbatif de la Chambre rassurée. Il ajouta : « Nous ne mettrons pas en ligne 240 000 hommes, comme l'a ditM.Gressier, mais 400000, puisOOOOOO vingt jours après. » Il crut même être arrivé à réduire le délai à neuf jours pour la plupart des corps; il ne le demanda de quinze jours qu'exceptionnellement pour quelques-uns.

Les armes étaient préparées, les arsenaux pourvus, les mesures de mobilisation prescrites

d'avance, tous les détails de la machine militaire renouvelés ou rectifiés. Il restait deux questions de majeure importance à résoudre. Comment la troupe manœuvrera-t-elle sur le champ de hataille, et quel sera ce champ de bataille? En d'autres termes, quelle sera la tactique du combat et la stratégie de la campagne? L'Empereur, non moins préoccupé de ces deux graves questions que de toutes les autres, forma une commission composée des généraux de Failly, d'Autemarre et Bourbaki, et fît imprimer le résultat de leurs études en priant Xiel de constituer une commission plus nombreuse, avec mission d'examiner ce premier travail. 11 l'engagea aussi à consulter les colonels. Le maréchal, qui n'avait pas été préalablement averti, reçut avec mauvaise humeur la communication. D'après lui, l'expérience nous manquait, pour déterminer, d'une manière précise et complète, les modifications qu'il peut être nécessaire d'apporter à nos dispositions réglementaires relativement à la formation des troupes sur le terrain. Il s'opposa au projet qui lui était soumis et résista surtout à l'idée de consulter les colonels. « Les colonels ne feraient plus rien, répondit-il, si on leur demandait leur avis sur un projet quelconque. » L'Empereur, étonné de cette opposition inattendue, insista par une lettre pressante : « Mon cher maréchal, j'avais décidé de mettre à l'étude les modifications jugées nécessaires par un grand nombre d'officiers dans les manœuvres d'infanterie. Votre opposition à ce projet m'a tellement

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surpris, que je crois devoir consigner par écrit les motifs qui me font persister dans ma résolution, persuadé qu'un esprit aussi élevé que le vôtre ne manquera pas de se rendre à de bonnes raisons. Nos règlements, qui remontent à 1791, reposent sur les mêmes principes que ceux du grand Frédéric : ils faisaient prévaloir la régularité des manœuvres sur la rapidité des mouvements. Les alignements inflexibles, un maniement d'armes automatique, étaient regardés comme des règles infranchissables. Pendant les guerres de la République et de l'Empire, on n'eut pas le temps de remanier les règlements, mais la pratique et l'intelligence des généraux suppléèrent à leur insuffisance. C'est ce que reconnaît le général Morand dans son livre intitulé : De l'armée selon la Charte ^ : « Nous venons (( de vaincre l'Europe parce que nous avions (( ajouté aux perfectionnements introduits par « Frédéric II, parce que notre armée était plus « mobile; nos rivaux profitèrent de nos leçons; (( ils conservent ce que les dernières guerres « leur ont appris. » Depuis la Restauration, les puissances étrangères, préoccupées du souvenir de nos anciennes guerres, ont toujours cherché à améliorer la tactique, et on peut dire qu'en Prusse surtout les manœuvres d'infanterie sont plus simples et plus rapides que les nôtres. Aussi le général Renard, écrivain distingué de Farmée belge, s'exprime ainsi dans son livre :

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