Arte délia guerra, Lib
appartiendra donc à la troupe solidement abritée, qui, pouvant tirer à l'aise et viser juste, n'aura pas à traverser la zone infernale de la mort. L'art du chef d'armée consistera à s'établir sur la défensive de telle manière que l'ennemi soit contraint de se présenter aux balles sûres de ses troupes embusquées en position, sauf à en sortir pour les achever quand elles auront été décimées.
Les partisans de l'offensive leur répondaient : Sans doute l'attaque des positions est devenue plus difficile ; elle est loin d'être impossible. Le fusil nouveau pouvant être chargé avec facilité par le soldat accroupi ou couché, les tirailleurs de l'attaque s'assureront dans les accidents du terrain le moyen de se soustraire aux feux de la défense et profiteront des bois, des fossés, des arbres, même des dos d'àne laissés par la culture. Lorsqu'ils seront obligés de se montrer à découvert, ils trouveront une protection dans la rapidité de leurs mouvements qui déroute le tir adverse. Enfin ils tourneront leur effort principal aux attaques offensives de flanc; ils n'emploieront les attaques de front que pour maintenir l'ennemi en place et l'empêcher soit de se dérober à la bataille, soit de se jeter en nombre sur les troupes occupées à l'attaque offensive de flanc. Plutôt que de renoncer à l'offensive, il vaudrait mieux hâter ces temps prévus par Jomini ^ où l'on enverra l'infanterie au feu avec les mas-