Conférence à Stettin dans l'automne de
nemi. Un autre principe également familier au général et au simple soldat, c'est que la force morale est supérieure à la force physique. En troisième lieu, ils ne se défendent jamais passivement; là où d'ordinaire une troupe garde la défensive, les Français agissent offensivement. La véritable manière de triompher de cette tactique des Fraaçais est de se l'approprier. Quiconque veut vaincre, dit le prince allemand, doit donner de l'avant. — Une chose est certaine, ajoute-t-il, c'est que les Français se sont constamment servis du premier mode, qui paraît être naturel, comme fait exprès pour leur caractère national et leur manière de combattre. Us seraient brisés à la vue d'un adversaire qui se prendrait subitementàlesprévenirpar leur propre tactique. L'homme en général préfère l'attaque à la défense. Use sent plus à l'aise à jouer le rôle d'attaquant. Ivresse de victoire etivressed'attaque, n'est-ce pas à peu près la même chose ? Quand on marche en avant, on se sent en traîné par une puissance irrésistible, comme si l'on glissait sur un plan incliné. On ne sait pas comment cela se fait, tout se range de soi-même en son lieu et place. » Ainsi les Prussiens célébraient notre tactique nationale au moment où nous la quittions, et l'adoptaient alors que nous l'abandonnions! « Attendez ! )) disait notre ministre à nos soldats. « Allez de l'avant ! » criaient les chefs prussiens aux leurs. Toute la guerre future est dans cette antithèse*.
1. Le décret portant règlement sur le service des armées en campagne (28 mai 1895) rétablit le vieux principe national :
En Prusse, la préparation de l'armée étaif divisée en deux services différents: le ministère de la Guerre et l'État-major général. Au premier incombe la mobilisation proprement dite et le soin de pourvoir l'armée dans tous ses besoins (munitions, approvisionnements, etc.). Au deuxième revient tout ce qui a trait aux opérations, c'est-à-dire, aux mouvements de l'armée en campagne.
Le maréchal organisa le dépôt de la Guerre de manière qu'il se rapprochât du grand étatmajor de Berlin. On n'y préparait pas des plans de campagne comme on l'a dit^; il avait été même formellement interdit d'y discuter un plan quelconque contre une puissance déterminée. On y recherchait hypothétiquement, d'une manière générale, les meilleures combinaisons à adopter dans les situations diverses où pouvait nous placer une guerre. Une section dite de reconnaissance, comprenant environ 25 officiers sous les ordres d'un colonel, fut chargée particulièrement de l'étude des divers théâtres de guerre. Plusieurs officiers généraux firent des voyages d'exploration et leurs rapports ser-
« Seule l'offensive permet d'obtenir des résultats décisifs. La défensive passive est vouée à une défaite certaine. Elle est à rejeter absolument. »