APRÈS L'ŒUVRE DE NIEL
annoncé au pays, avec un sentiment de légitime satisfaction, que l'état militaire de la France ne laissait rien à désirer. « C'est un devoir que tous les gouvernements sont tenus de remplir soigneusement, et personne n'a le droit de s'en alarmer, ni de voir, par conséquent, dans le langage de l'Empereur, d'autres indications que celles qui en font ouvertement l'objet ^ »
Peu de temps après avoir donné au pays ces garanties si optimistes, l'Empereur parut en douter et écrivit à Niel : <( Mon cher maréchal, je ne dois pas vous cacher qu'il y a une chose qui me tourmente : c'est la persuasion qui existe chez la plupart des généraux que nous ne sommes pas aussi prêts qu'on le dit. On rend pleinement justice à vos efforts et à votre zèle, mais on craint que si la guerre venait à éclater il n'y eût de graves mécomptes. Si on demande aux colonels quel est l'effectif de leur régiment, en y comprenant la réserve, on n'arrive qu'au chiffre de 2 200 hommes en moyenne. Si on compte les chevaux de cavalerie, il en résulte que nous en aurions une quantité bien considérable à acheter. Pour les chevaux d'artillerie, placés chez les paysans, combien y en aurait-il d'indisponibles? Quant aux voitures, elles ne sont pas sur les lieux. En résumé, pour avoir le cœur net sur toutes ces questions, je voudrais que vous veniez un jour, avec les chefs de service que vous choisirez, m'expliquer tous ces détails. Je voudrais