APRES L'ŒUVRE DE XIEL
prohibé, c'était un officier prussien qui relevait le cours du fleuve; ailleurs on avait trouvé sous un pont important plusieurs hommes suspects vêtus en mendiants, c'étaient des officiers prussiens relevant le profil du pont, afin d'en préparer un de rechange si nous le faisions sauter; le vieux Moltke lui-même, qui parle sept langues et est muet dans toutes, était venu prendre des croquis de notre forteresse de Metz; des cartes avaient été distribuées aux soldats prussiens indiquant les étapes du Rhin à Paris. « Les voici I » ajoute le maréchal en les étalant. Les braves gens ultra-pacifiques qui composaient la commission étaient terrifiés. « Mais rassurezvous, reprend en souriant Niel, nous avons tout prévu, nous sommes prêts ^ »
Il le répète avec plus de solennité à la tribune de la Chambre et du Sénat : « A aucune époque l'armé? n'a reçu une éducation pkis complète au point de vue de laguerre. Notre situation est telle, qu'en maintenant notre armée sur son pied normal de paix, avec l'organisation si profondément préméditée par l'Empereur, et dont, par son initiative, notre système militaire est aujourd'hui doté, ?ious ne pouvons jamais être surpris. — Cette armée organisée sur le pied de paix, le plus faible de tous ceux que nous avons eus depuis quinze ans, répond, quand on la considère au point de vue des nécessités de la guerre, à tous les besoins ; elle peut être facilement mise de-
l. Récit de Segris, membre de la commission.
bout très promptement, et il ne lui manque rien. » (Enthousiasme du Sénats)
Il le répète au Corps législatif : « Les soldats de la garde nationale mobile sont tous immatriculés sur les contrôles, organisés par circonscriptions territoriales, en compagnies et bataillons. Nous marchons à l'organisation des cadres d'officiers. Si le danger menaçait, s'il fallait arriver à une organisation très rapide, nous sommes à ce point que nous y arriverions très vite. — Nous avons une année excellente, instruite, pleine d'ardeur, parfaitement organisée et pourvue de tout. Le jour où le pays serait menacé, vous la trouveriez pleine d'enthousiasme : elle est de plus, aujourd'hui, instruite plus que jamais. — Notre peuple est
EXTRÊMEMENT SENSIBLE A l'iNJURE, IL NE SAIT PAS SUPPORTER l'outrage, ET LE PLUS GRAND MAL- HEUR QUI POURRAIT LUI ARRIVER, CE SERAIT DE RECEVOIR UN OUTRAGE, s'iL ÉTAIT DÉSARMÉ. Il RENVERSERAIT TOUT AUTOUR DE LUI [Très bien !
très bien !) ; il s'en prendrait au gouvernement ET IL AURAIT RAISON. Il faut toujours uue force qui assure la sécurité du pays. — Je ne sais pas ce qu'on pense généralement en France, mais pour mon compte, je vois avec beaucoup de philosophie les questions de paix ou de guerre qui s'agitent autour de nous à l'étranger, /jarce que si la guerre devenait nécessaire, nous sommes parfaitement enmesure de la supporter''^ » {Bravos et applaudissements.)