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paix, mais en les allégeant pour les familles et en diminuant les dépenses du Trésor. Rappelons ici ce qui a été fait; le tableau est assez grand pour se passer de commentaires : Une armée de ligne de 750 000 hommes disponibles pour la guerre ; près de 600000 hommes de garde nationale mobile ; l'instruction dans toutes les branches poussée à un degré inconnu jusqu'ici; nos règlements militaires remaniés et mis en rapport avec les exigences nouvelles; les conditions de l'existence du soldat et de l'officier largement améliorées, l'avenir des sous-officiers qui ne veulent pas poursuivre leur carrière mihtaire assuré par leur admission aux emplois civils; 1200 000 fusils fabriqués en moins de dix-huit mois, les places mises en état et armées, les arsenaux remplis, un matériel immense prêt à suffire à toutes les éventualités, quelles qu'elles soient, et, en face d'une telle situation, la France confiante dans sa force, garantie solide de la paix. Tous ces grands résultats obtenus en deux aimées. » Et ces déclarations publiques n'étaient pas des fanfaronnades de commande faites pour rassurer la galerie. C'était l'expression de la pensée constante du maréchal, de celle qu'il exprimait quotidiennement à ses collaborateurs. L'un d'eux, le général Jarras, nous en a laissé le témoignage : « Le maréchal Niel avait une confiance absolue dans l'armée à la tête de laquelle il était placé. Cette confiance datait de loin et s'était corroborée pendant les campagnes de Crimée et d'ItaUe où il avait pu apprécier nos
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soldats de près. C'était même à ce point qu'on a pu le taxer de chauvinisnae, lui dont l'esprit iin et droit était généralement*^ à l'abri de l'exagération. Il eût volontiers dit comme le maréchal Bugeaud la veille dejla'^ bataille d'isly, au moment où il apprenait que l'armée marocaine était trois ou quatre fois plus |forte : « Tant mieux I Plus ils seront nombreux, plus il y aura de gloire à les vaincre. » Ilj n'admettait pas qu'il fût absolument nécessaire que la France mît en ligne le même nombre ^^d'hommes que l'.AJlemagne pour lui faire sentir sa supériorité, et à ceux qui appelaient son attention sur l'armée prussienne en faisant ressortir son effectif supérieur, sa bonne organisation, ainsi que toutes les dispositions qui y étaient prises en vue d'une prompte concentration sur la;Sarre, il répondait, en citant l'exemple de la campagne de 1859 en Italie : u Les Autrichiens ne sont pas moins bons soldats que les Prussiens ; ils avaient dépassé le Tessin et Novare; ils menaçaient Turin pendant que toutes nos troupes étaient encore dans leurs garnisons; nous avons pu cependant les arrêter à temps; nous les avons même fait reculer et contraints à une paix glorieuse pour nous. Nous saurons faire une seconde fois des choses semblables, si c'est nécessaire K »
Ces conclusions triomphantes étaient accueillies par de bruyants applaudissements dans les