‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 3)Chapitre 87 sur 165 · Temps du 14 avril · texte numérisé non relu

Temps du 14 avril

Chambres et au dehors. La nation se sentait fîère d'être sous la garde d'une armée invincible, et la seule inquiétude qui se manifestât parfois était que l'Empereur, enivré de sa force, ne se laissât emportera de nouvelles entreprises guerrières. C'est ce qui explique les appréhensions perpétuelles de guerre qui préoccupèrent si fort ce temps, et la persistance avec laquelle l'opposition revenait sans cesse de maintenir la paix. On trouvait que le maréchal en disait trop. Jules Ferry s'écriait : « De la sorte, nous pouvons, sans éclat et sans bruit, mettre du soir au matin 600 000 hommes sous les armes. Voilà une déclaration que l'Europe acceptera avec la satisfaction qu'elle mérite. Au lendemain des protestations pacifiques de M. de La Valette, les naïvetés belliqueuses du maréchal Niel sont bien faites, il faut en convenir, pour faire rentrer la confiance dans les esprits et la sécurité dans les affaires. L'état de l'Europe moderne est tel que l'on puisse se vanter, sans plus de pruderie, d'une guerre à faire du jour au lendemain. Il est possible que les choses soient ainsi, mais il est incroyable qu'on s'en vante. »

Et le journal le Français disait de son côté : « Nous ferons une autre critique à M. le ministre de la Guerre. Nous comprenons sans doute qu'il éprouve une certaine joie et une certaine fierté à avoir en main une armée telle qu'est l'armée française en ce moment. Nous croyons cependant que l'expression trop vive et trop souvent répétée de sa satisfaction ne serait pas de

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