‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 4)Chapitre 109 sur 173 · La Marmora : Vwpopm (Il luce, p · texte numérisé non relu

La Marmora : Vwpopm (Il luce, p

pelai les malédictions bibliques * sur les impies aux cœurs pesants. Je les retournai et je dis : « Oui, de ce jour commence pour les ministres mes collègues et pour moi, une grande responsabilité. Nous l'acceptons le cœur léger!» La moindre incertitude sur ma pensée était-elle admissible lorsque je venais de dire quelques minutes auparavant que mon âme était désoléel Néanmoins, avant que j'eusse pu terminer ma phrase et lui donner le complément qui n'eût permis aucune équivoque, je fus rappelé dans le triste milieu, au-dessus duquel je m'étais élevé, par un glapissement haineux : « Dites attristé ! Vous avez le cœur léger et le sang des nations va couler! )) Je repris avec une émotion indignée qui entraîna l'assemblée. (^ Oui, d'un cœur léger, et n'équivoquez pas sur cette parole, et ne croyez pas que je veuille dire avec joie; je vous ai dit moi-même mon chagrin d'être condamné à la guerre, je veux dire d'un cœur que le remords n'alourdit pas, d'un cœur confiant, parce que la guerre que nous ferons, nous la subissons, parce que nous avons fait tout ce qu'il était humainement et honorablement possible de tenter pour l'éviter; et enfin parce que notre cause est juste et qu'elle est confiée à l'armée française. ^){Ywes et nombreuses marques cF approbation. — Nouveaux applaudissements.)

1. Jusqu'à quand, ô enfants des hommes, serez-vous pesants de cœur? Psaumes. IV, 3. — 0 insensés et pesants de cœur, qui ne pouvez croire ce qu'ont dit les prophètes! Saint Luc. XXIV. 25. 26.

Combien de fois mes ennemis ne m'ont-ils pas poursuivi devant la tourbe ignorante d'en haut et d'en bas, de ce mot de cœur léger! C'est devenu un cliché lorsqu'on veut m'attaquer. Fùl-il vrai qu'à ce moment, excédé par les angoisses, les fatigues, les insomnies, obligé de répondre seul à des orateurs puissants, n'ayant pas eu le loisir de réfléchir une minute à l'ordonnance et aux termes de mes discours, il me fût échappé une expression impropre, le commentaire que j'en donnai aussitôt ne permettait plus loyalement aucun malentendu sur la véritable portée de mon langage, et personne n'avait plus le droit, sans cesser d'être un honnête homme, d'y relever un aveu révoltant de dureté ou d'insouciance. Tout au plus les juges du talent auraientils pu y critiquer une défaillance de i 'orateur ou du lettré. Mais mon expression est aussi irréprochable que le sentiment qu'elle manifestait, et sa correction littéraire ne peut pas faire doute plus que sa rectitude morale ^ Je ne l'efface pas.

Dans ces premières explications, tout était indiqué, rien n'était développé. La violence des interruptions de la Gauche, l'impatience non dissimulée de la majorité m'avaient contraint d'abréger. J'en eus du regret. Deux faits surtout

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