Le ïyaihj ^,eics dit de même
pire, comme démonstration de leur thèse que « Napoléon III préméditait depuis longtemps la guerre, et que l'affaire Hohenzollern n'était qu'un prétexte^ ». Une telle incartade de la part d'un homme aussi calculé que Rouher ne s'explique que par le dessein de nous enlever le mérite d'une victoire à ses yeux certaine et de poser sa candidature à notre succession. Nous fûmes très irrités d'un langage dont les conséquences et les périls nous furent aussitôt sensibles. Nous pensâmes un moment à le contredire officiellement. Mais nous ne trouvâmes pas un moyen de le faire qui ne fût pas une censure indirecte de l'insuffisance de la réponse de l'Empereur, et nous fûmes contraints de subir en silence ce commentaire inexact, compromettant, téméraire de notre conduite.
Les discours terminés, les souverains circulèrent parmi les sénateurs. Leur différence d'attitude fut très remarquée. L'Impératrice était expansive, animée d'une confiance triomphante; elle disait : « Nous commençons avec toutes les chances qu'on peut mettre de son côté dans une entreprise humaine : cela ira bien^ » L'Empereur était mélancolique; il disait : « Ce sera long et difficile, il faudra un violent effort. »
1. Taxile Delord, p. 137 : u II peut convenir aujourd'hui aux bonapartistes de présenter cette guerre comme ayant été imposée par la nation, mais il n'e*^t pas possible d'oublier qu'à la veille du jour où elle fut evs,agée, M. Rouher avait félicité son maître de la préparer depuis quatre ans. »