‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 4)Chapitre 113 sur 173 · Récit de Ferdinand Barot · texte numérisé non relu

Récit de Ferdinand Barot

DÉCLARATION DU lo JUILLET. 485

Nous avons raconté les violences de paroles par lesquelles l'opposition combattit la déclaration de guerre. Il est indispensable de mettre en lumière les motifs véritables d'une conduite si peu conforme à la grande tradition patriotique de cette Révolution française dont elle se réclamait à tout propos. Au début, à l'annonce de la candidature Hohenzollern, elle se montra aussi véhémente contre la provocation prussienne que les feuilles gouvernementales. Le patriotisme entrait certainement pour quelque chose dans cette véhémence, le calcul y avait beaucoup plus de part: républicains, légitimistes, orléanistes, dont les passions et les intérêts se confondaient alors, persuadés qu'un ministère de libéraux pacifiques n'aurait pas l'audace d'une résolution virile, spéculaient sur notre couardise; ils dénonçaient la nouvelle insolence prussienne avec d'autant plus de fracas qu'ils ne doutaient pas que nous ne la subissions. Nefftzer, malgré sa finesse, laissait échapper leur secret : « Si la candidature prussienne réussit, disait-il d'un ton méphistophélique, ce sera un événement très grave pour la France, mais les fautes de notre politique passée ne nous laissent guère d'autre alternative que la résignation ^ )) Découragés et désemparés depuis le

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