‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 4)Chapitre 114 sur 173 · Temps du 6 juillet · texte numérisé non relu

Temps du 6 juillet

plébiscite, ils ne savaient comment ouvrir une nouvelle brèche dans un Gouvernement aussi fortement retrempé; ils crurent que nous allions leur en fournir le moyen, que notre platitude leur permettrait d'ajouter au grief de Sadowa. Mais pour avoir le droit d'incriminer la reculade, il fallait crier à l'humiliation et au danger. Lorsque notre déclaration du 6 juillet eut trompé leur calcul et montré que nous ne croyions pas qu'une des vertus d'un gouvernement libéral fût la platitude, ils se retournèrent, et, dès que la guerre devint imminente, ils se déchaînèrent contre elle: s'ils avaient été inspirés parla crainte prophétique des désastres futurs et qu'ils eussent voulu les éviter à notre pays, il faudrait admirer leur clairvoyance et leur courage. Mais alors comme autrefois : « Tel qui s'apitoye sur les maux où va nous précipiter la guerre craint plus nos succès que nos revers ^ »

Ils furent contre la guerre par les mêmes raisons qui les avaient rendus contraires au plébiscite: ils redoutaient l'accroissement de forces qu'aurait donné à l'Empire une victoire dont ils ne doutaient pas. C'était cette certitude du succès qui faisait le tourment des hommes de l'opposition irréconciliable; s'ils avaient entrevu les revers, Sedan, ils eussent vu venir la guerre sans colère; la perspective d'une victoire, au contraire, les mettait hors d'eux. Taxile Delord a dit : (( Dans un an nous pouvions nous relever du

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