Oncken, p
saient les colonnes de ces feuilles ; la presse dévouée à la Prusse a habilement tiré parti de ces attaques emportées qui ne font pas de distinction entre TAllemagne et la Prusse et comprennent dans leurs violences toute la race germanique. Elle a reproduit soigneusement et répandu à des milliers d'exemplaires les articles maladroits et regrettables des journalistes français ; elle a surtout fait ressortir ceux où se trouvait l'idée delà revendication du Rhin. Cette lecture a répandu l'émotion dans toutes les classes; la véritable source du conflit a disparu en présence du sol de la patrie menacé; on n'a plus vu que l'étranger en face de l'Allemagne, que le devoir pour chacun de prendre part à la défense d'une cause devenue nationale. MM. de Girardin et de Cassagnac ont plus fait pour la cause prussienne que toutes les habiletés, que tous les efforts des agents de M. de Bismarciv i. y.
Le voyage du Roi ne fut qu'une ovation. Les gares, même celles où l'on ne s'arrêtait pas, étaient remplies d'une foule immense, acclamant et hurlant. « Je n'aurais jamais cru, écrivait le Roi à la Reine, qu'une chose pareille fût possible. Jamais sentiment national ne sera aussi unanime. » Bismarck, accompagné des généraux Roon et Moltke et du kronprinz, alla au-devant du roi à la station de Brandenbourg et lui demanda la mobilisation de toute l'armée. Le Roi refusa. Il dit : « Mes sentiments ne sont pas