‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 4)Chapitre 123 sur 173 · Dépêche de Lesourd (25 juillet · texte numérisé non relu

Dépêche de Lesourd (25 juillet

DECLARATION DU lo JUILLET. 511

et trahi par son ami Stoffel, auquel il le témoigna brutalement en l'obligeant à partir le soir même, sous menace de le traiter en prisonnier de guerre. Lesourd quitta Berlin le 20 au soir^ avec tous les membres de l'ambassade. Son départ ne donna lieu à aucune manifestation hostile de la part de la foule qui encombrait la gare. Quelques mesures protectrices avaient, d'ailleurs, été prises, et le Président de la PoHce, M. de Wumb lui-même, veilla à leur accomplissement. L'ambassade prussienne quitta en même temps Paris et les Allemands domiciliés en France reçurent l'ordre de s'éloigner.

Le 16 juillet, Bismarck avait déjà obtenu l'adhésion du Conseil fédéral (Bundesrath) ; il réunit le Reichstag en session extraordinaire (le 19). Le prédicateur Hoffmann prêcha dans la cathédrale en présence de la famille royale et des députés sur cette parole du psalmiste : « Avec Dieu nous voulons accompUr des exploits. » Son sermon débutait ainsi : « Ce que nous avons longtemps attendu est enfin arrivé (Bas lang Erwartete ist doch gekonirnen). Nous voici devant une guerre contre un peuple qui, depuis quatre ans, ne jette

\. Pendant le siège de Paris, Lesourd se trouvant à Versailles, auprès de sa mère malade, Bismarck pour le remercier de sa tendre crédulité, le fit arrêter et conduire en Allemagne, comme prisonnier de guerre. « Il était d'une incroyable audace, disait-il, que Thomme qui n'a pas craint d'apporter un défi à notre glorieux monarque ose séjourner dans la ville que Sa Majesté honore de sa royale présence. » Lesourd souffrit cruellement pendant le terrible voyage jusqu'à May en ce.

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sur nous que des regards d'envie. Il s'agit des plus hauts biens de l'humanité ; nous combattons pour la moralité du monde. Dans ce sens, c'est Dieu qui nous l'a envoyée. Je croirais déshonorer cette chaire si je me permettais d'engager les députés à faire leur devoir et à se serrer autour du Roi. » Et afin de mieux enflammer le Roi et l'assemblée, il rappelle que ce jour était l'anniversaire de la mort de la reine Louise. Les députés réunis en séance, un silence profond se fit, lorsque le Chancelier se leva pour annoncer brièvement que la déclaration de guerre était arrivée. Il ne put pas en dire davantage. Rarement dans une assemblée parlementaire, on vit une tempête plus violente d'applaudissements. Elle dura plusieurs minutes. La presse, le Conseil Fédéral, même la diplomatie s'associèrent de la manière la plus bruyante aux cris de triomphe de l'assemblée; on applaudit impunément, ce qui ne s'était jamais vu en pareil lieu, dans les galeries comme dans la salle. Longtemps Bismarck essaya en vain de se faire entendre; il laissa l'émotion nationale s'épancher. Son visage s'illuminait (( d'audace et de la joie du triomphe, comme si, dans ce moment, le but du travail de toute sa vie était atteint^ ».

Le discours que Bismarck prononça consistait surtout en une communication de pièces, (c II est bien rare, dit-il, qu'un événement d'une si grande importance européenne se soit accompli, ait été préparé entre les différentes cours et qu'en

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