Lenz : Geschichte Bismarck, p
s'il était non amical vis-à-vis de la France de poursuivre cette afîaire en elle-même, la manière dont Bismarck le fît témoigne d'une intention préméditée d'en brusquerie dénoûment, et que, dans ces jours de juillet, Bismarck manœuvra résolument et obstinément pour amener la guerre, que l'affaire Hohenzollern a été un piège tendu à Napoléon pour l'abattre. La politique Hohenzollern a été pour Bismarck un moyen de poursuivre une politique d'action contre la France. Dans la conception de la candidature Hohenzollern, Bismarck a été l'agresseur qui sait bien dès le commencement que, selon toute prévision, cette affaire conduira à la rupture, et qui, dans la dernière phase, a amené cette rupture, d'une façon entièrement préméditée, et en toute connaissance de cause * ». 11 n'existe plus en Europe un écrivain d'autorité, n'étant pas un vulgaire pamphlétaire dénué de probité et de bon sens qui s'approprierait le blasphème deThiers contre la vérité : a Les auteurs de cette guerre désastreuse cherchent aujourd'hui à s'excuser, en disant que la Prusse voulait la guerre, l'avait préparée de longue main, et n'avait fait de tout cela qu'une occasion d'entreren lutte. J'affirme, après avoir eu l'occasion de m'éclairer complètement à ce sujet, que c'est là un pur mensonge. »
1. Walter Schultze die Thronkandidatur Hohenzollern iind Graf Bismarck, pp. 54-55.
Il ne serait cependant pas loyal de faire dire aux historiens et aux critiques allemands plus qu'ils n'ont dit. S'ils ont constaté que Bismarck avait voulu la guerre, ce n'est pas pour l'en blâmer, c'est pour lui en faire une gloire. Sans doute il a tout déterminé, tout provoqué, mais c'est en cela qu'a éclaté son génie ; son offensive tactique n'a éié que le moyen de prévenir l'offensive stratégique préparée par Napoléon III; il connaissait, par les révélations de Bernhardi, et parcelles, plus sûres encore, de ses agents autrichiens ou italiens, les projets de triple alliance, débattus depuis 1869 entre les cabinets de Paris, de Vienne et de Florence. « A chaque pas en avant de la préparation à cette alliance correspond un pas nouveau fait par lui dans l'organisation de la candidature. Et c'est parce que le voyage de l'archiduc Albert à Paris, en mars 1870, lui a donné la conviction que la Prusse serait attaquée au printemps prochain, qu'il a envoyé Lothar Bûcher à Madrid afin de brusquer l'événement et déconcerter, par son attaque soudaine, l'attaque préméditée pour laquelle tout était prêt, diplomatiquement et mihtairement^ »
Bismarck leur a lui-même fourni cette explication. « M. le député a mis en doute la théorie