‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 4)Chapitre 140 sur 173 · Discours du 30 novembre · texte numérisé non relu

Discours du 30 novembre

peuple et de Farmée^ ». Le moindre incident était envenimé, grossi, dénaturé : une difficulté aussi microscopique que celle de l'indemnité Pritchard, un arrangement aussi irréprochable que celui sur le droit de visite, enfantaient des colères qui aujourd'hui nous étonnent; le gouvernement n'était pas haï, car la haine est encore un hommage: il était conspué. «Louis-Philippe, disait Chateaubriand, n'a pas besoin d'honneur; il est un sergent de ville. L'Europe peut lui cracher au visage, il s'essuie, remercie et montre sa patente de roi. ))Le succès national des mariages espagnols ne le releva pas. Au dernier moment il n'osa pas même se défendre, ce qui lui eut été matériellement facile, et il tomba sur un incident qui, considéré en lui-même, ne devait pas dépasser les proportions d'un procès en pohce correctionnelle. Le sociahste Proudhon l'a constaté : « Une des causes qui ont perdu la dernière monarchie a été d'avoir résisté à l'instinct belliqueux du pays. On n'a pas encore pardonné à Louis-Phihppe sa politique de la paix à tout prix ; il n'a pas voulu périr sur un champ de bataille, il a péri dans un égout^ » L'ultra-pacifîque Victor Hugo lui a aussi reproché de n'avoir pas aimé un peu la gloire, d'avoir été trop modeste pour la France; « de là des timidités excessives, importunes au peuple qui a le 14 juillet dans sa tradition civile, et Austerlitz

Page 1