Discours du 20 mars
On a posé comme point de départ que la défaite était fatale. Aujourd'hui il est démontré que nos chances de victoire étaient considérables et que notre magnifique armée a déçu notre attente parce que, passant du commandement d'un chef qui avait la pierre à la vessie, à celui d'un autre qui l'avait au cœur, elle avait été laissée sans direction, flottant au gré des rencontres, navire sans pilote au milieu du roulis des batailles. Nos chances eussent-elles été moindres, nous n'avions pas le choix. Placés entre une guerre douteuse et une paix déshonorée, bellum aiveps an pax inhonesta, nous étions obligés de nous prononcer pour la guerre : ner chibitatum de bello. « Pour les peuples comme pour les individus, il y a des circonstances où la voix de l'honneur doit parler plus haut que celle de la prudence \ » Et selon le Thiers des bons moments : « Il est des choses que, dût-on périr à l'instant même, on ne doit jamais souffrir-. » Les gouvernements ne succombent pas seulement aux revers; le déshonneur les détruit aussi; il y a les révolutions de la défaite, mais celles du mépris ne sont pas moins redoutables'^ : notre histoire,