‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 4)Chapitre 145 sur 173 · Chateaubriand, Congrès de Vérone · texte numérisé non relu

Chateaubriand, Congrès de Vérone

De Maistre croit la guerre divine; FVoiidhon dit qu'elle est « l'expression la plus incorruptible de notre conscience, l'acte qui, en définitive et malgré l'influence impure qui s'y mêle, nous honore le plus devant la création et devant l'ÉlerneP». De toutes les fatalités contre lesquelles se débat la gémissante humanité, la guerre n'est pas la plus redoutable, et ses maux ne sont pas sans d'amples compensations. Comme les pionniers qui introduisent la lumière et l'air dans les forêts vierges à coups de hache, les grands capitaines, héros privilégiés de l'histoire, ouvrent par les armes le chemin à la civihsation, disciplinant les peuples inférieurs, balayant les peuples pourris. Où la guerre n'est pas redoutée, se forme dans les âmes une virilité, une hardiesse, un souffle fécondateur des inspirations sublimes ; le génie éclôt au bruit des armes plus qu'à celui des fuseaux, des rouets ou des machines. Des hommes habitués à placer au sommet de toutes leurs pensées l'idée du sacrifice, de l'holocauste volontaire, surpassent, même pour les arts, le commerce, l'industrie, ceux qui s'absorbent dans les abjections plantureuses par lesquelles on remplit les ratehers. « Le repos engendre la couardise. Les sentiments généreux naissent du

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