‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 4)Chapitre 151 sur 173 · Discours du 2 décembre · texte numérisé non relu

Discours du 2 décembre

publique anglaise. Robert Peel, malgré son flegme habituel et ses dispositions favorables envers nous, partage l'émotion générale, et avant d'avoir provoqué nos explications, sans attendre aucun éclaircissement, se lève au banc de la Trésorerie et il s'écrie : « Je n'hésite pas à déclarer qu'un outrage grossier, accompagné d'une grossière injure, a été commis contre l'Angleterre dans la personne de son agent, je pense que le gouvernement français fera la réparation que l'Angleterre a le droit de demander. » Cette déclaration a-t-ellc amené la guerre? Elle l'a empêchée. Guizot averti reconnut que dans l'arrestation de Pritchard il y avait eu des procédés et des paroles qui choquaient l'équité, l'humanité et les convenances; il en exprima des regrets, et il consentit à réparer le tort matériel par une indemnité en argent (1).

Lors des contestations de l'Angleterre avec les Etats-Unis, à propos du navire YAIaôama, Gladstone, persuadé qu'un gouvernement s'honore en reconnaissant ses torts, autorisa ses plénipotentiaires à exprimer dans le traité de Washington ses regrets des incursions de VAlabama et des autres vaisseaux sortis des ports britanniques, ainsi que des déprédations qu'ils avaient commises. Mais voilà que les Etats-Unis, enhardis par cette concession qui avait cependant coûté beaucoup à l'orgueil anglais, ne se contentent pas de la réparation morale et de l'indemnité matérielle des dommages directs, ils expriment la volonté d'obtenir la réparation même des dommages indirects, ce qui entraînait des conséquences incalculables. Alors le pacifique Gladstone se redresse et déclare

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