LES CONSEILS DU 13 AU
Louvet a conté que dans la séance du Conseil du 13 on examina si la double demande envoyée la veille en dehors du Conseil devait être maintenue, que 8 voix se prononcèrent pour le maintien et 4 contre. C'est une erreur complète. Le conseil n'avait pas de temps à perdre pour discuter s'i. maintiendrait ou non une demande qui, à l'heure où il était réuni, était présentée au roi de Prusse. Si la question eût été posée dans ces termes, il n'y aurait pas eu seulement 4 voix contre le maintien, il y en aurait eu 6, car aux voix que citait Louvet, la sienne, celle de Parieu, de Segris et de Plichon, il lui fallait ajouter celle de Chevandier aussi pacifique que les précédents et la mienne qui ne pouvait être douteuse après l'article que le matin même avait publié Robert Mittchell sur mon inspiration. La seule question posée au conseil fut celle de savoir les conséquences que nous ferions produire à une demande qu'il n'était plus en notre pouvoir de retenir, et c'est sur ce point que les opinions se divisèrent et que 4 voix, celles-là belliqueuses, décidèrent de maintenir à la demande de garantie un caractère d'ultimatum et de se préparer aux conséquences qui pourraient résulter de cette exigence en rappelant immédiatement les réserves. 8 autres au contraire, celles-là pacifiques, votèrent qu'il fallait ne pas donner à la demande un caractère d 'ultimatum et ne pas compromettre les chances de paix par un rappel des réserves. L'erreur de
ECLAIRCISSEMENTS. 60r.
Louvet est de faire des voix pacifiques des voix belliqueuses, et des voix belliqueuses des voix pacifiques. Si le 13 au matin la solution belliqueuse l'avait emporté dans le cabinet par 8 voix contre 4, les réserves eussent été rappelées et aucun des incidents de la journée ne se serait produit : il n'y aurait eu, ni la scène de Le BœuF, ni Finterpellation de Jérôme David, ni l'article de Cassagnac du soir nous appelant le ministère de la honte