‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 4)Chapitre 27 sur 173 · septembre · texte numérisé non relu

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l'équilibre de l'Europe : ce serait différent. » Et le Cobourg, comprenant qu'il était impossible de s'installer en Espagne malgré l'opposition de la France, retira de lui-même sa candidature. Une troisième règle nous devint donc évidente : c'est que la France a un droit et un intérêt particulier à faire respecter en Espagne le principe imposé à toutes les puissances de ne pas accepter pour l'un de leurs princes une couronne quelconque sans l'autorisation des autres puissances.

Léopoldde HohenzoUern, quoique son père ne régnât pas, appartenait incontestablement à la famille régnante d'une grande puissance signataire du protocole organique de février 1831. Sans doute les deux maisons sont séparées depuis plus de six cents ans, la branche princière n'a aucun droit d'hériter de la couronne prussienne, et elle est catholique ; mais, par un pacte de famille, elle est considérée comme ligne collatérale et ses princes comme apparentés à la famille royale de Prusse. Un statut a précisé sa situation légale et ses obligations d'obéissance vis-à-vis du chef de la famille. Nous avons vu comment les HohenzoUern se sont toujours rigoureusement astreints à cette obligation, en 1866 et pendant toute la négociation de leur candidature en Espagne. Leur prince le plus éminent, Charles de Roumanie, n'a négligé aucune occasion d'attester que lui et les siens appartenaient à la famille des HohenzoUern de Prusse. Dans une visite àZollern, il

porte un toast, aussitôt télégraphié au roi Guillaume, dans lequel il dit : (( Quoique je sois aujourd'hui prince de Roumanie, je suis et je reste un HohenzoUern ; aussi ai-je à cœur, me trouvant dans le burg ancestral, de boire à la santé du chef suprême de notre famille. Vive le roi Guillaume^ ! » Il ne signe pas son contrat de mariage ayantd'ayoirobtenurapprobation du roi. Il avait spécialement demandé qu'on maintint cette règle « afin de documenter ainsi qu'il faisait partie de la maison de HohenzoUern- ». Quand, en 1870, il eut un enfant : « Je m'efforcerai, dit-il, de donner à ce premier enfant, né à l'époque la plus glorieuse de l'Allemagne, une éducation qui le rende digne de la lignée des HohenzoUern ^ »

Le prince Léopold, devenu roi d'Espagne, n'eût point pensé, parlé, agi autrement. Son obéissance au roi de Prusse était si entière qu'il n'osa prolonger un séjour aux Tuileries parce que l'autorisation lui en avait été refusée de Berlin. L'ambassadeur italien Tornielli, lié avec lui, m'a raconté que comme il essayait de le retenir un soir un peu tard, le prince lui dit : (( C'est impossible, il faut que je me lève de bonne heure ; je déjeune à huit heures. — Eh bien 1 vous déjeunerez plus tard. — C'est impossible, c'est l'heure du déjeuner du Roi. — Vous déjeunez donc avec lui? — Xon. » 11 se croyait

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