‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 4)Chapitre 28 sur 173 · Du même, 28 août/9 septembre · texte numérisé non relu

Du même, 28 août/9 septembre

obligé de déjeuner à la même heure que le Roi, même en dehors de sa présence ! Nous connaissons d'ailleurs ses sentiments à notre égard. Après la bataille de Sedan, Bismarck chevauchait par une nuit obscure aux côtés d'un général prussien, en se rendant à son quartier. La conversation tomba sur l'origine de la guerre ; Bismarck raconta la négociation touchant la candidature. Il exprima la pensée que le prince de Hohenzollern serait devenu Espagnol, et qu'il aurait oublié son origine allemande. Le prince, qui chevauchait derrière lui, à quelque distance, s'écria : « Je vous prie de croire qu'en devenant Espagnol, je n'aurais jamais oublié que je suis un Allemand. » Et il protesta énergiquement contre la possibilité de lui supposer des sympathies françaises ^ S'il n'avait pas oublié sa qualité de prince allemand sur le trône d'Espagne, le roi de Prusse s'en serait immanquablement souvenu et lui aurait, dans les cas difficiles, prêté une assistance familiale. Le Roi et Bismarck soutenaient qu'ils ne se mêleraient pas de ses affaires, mais ils avaient donné les mêmes assurances lorsque Charles de Hohenzollern s'était installé en Roumanie. Cependant le Roi disait à son ministre à Bucharest, Keyserling : (( Maintenant que mon cousin Charles est en Roumanie, nous avons, sinon par des traités, du moins moralement, le devoir de le soutenir aussi bien et autant que possible-. » Cette qua-

i. Bismarck, Souvenirs, t. II, p. 94.

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