‹ L'empire libéral; études, récits, souvenirs (volume 4)Chapitre 32 sur 173 · Voir aux Éclaircissements, page · texte numérisé non relu

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tinction de parti, Palmerston comme Disraeli, ont été d'accord à proclamer qu'en 1853, une fermeté plus résolue de langage eu t arrêté Nicolas, Lord Derby accusa formellement le ministère (( d'avoir trompé le Tsar en lui laissant croire que l'Angleterre ne s'opposerait jamais par les armes à l'envahissement de la Turquie. Alors il n'aurait pas pris la patience pour de l'irrésolution et l'inaction comme un indice de soumission. »

En décidant que nous exprimerions nos volontés par une déclaration formelle, nous ne commettrions pas une témérité de l'inexpérience et du dépit, nous nous conformerions à la pratique en quelque sorte classique de la diplomatie. L'Empereur chargea Gramont de préparer une déclaration qui serait soumise, dans le Conseil du lendemain, à l'approbation de nos collègues.

Ce jour-là, vers les deux heures, Cochery, député du Centre gauche, se rendait tranquillement à la séance du Corps législatif. Thiers, dont il était un des lieutenants, l'aborde, appelle son attention sur la gravité de l'aifaire espagnole et le presse de déposer une interpellation. Cochery y consent. Toutefois, avant de la remettre au président, il me fait demander par deux de ses collègues, Planât et Genton, si je voyais quelques inconvénients à ce dépôt. Des

négociations eussent-elles été alors en cours, ou eussions-nous l'espérance d'en nouer quelque part, je n'aurais pas accepté, et Gochery et ses amis n'eussent pas insisté. Mais j'avais le télégramme par lequel Lesourd nous instruisait du refus catégorique de Thile d'entrer en explications. Dès lors, rinterpellation n'offrait plus d'inconvénient. Au contraire, elle nous fournissait l'occasion toute naturelle de placer une barrière entre l'entreprise de la Prusse et la date du 20 juillet, et de porter à la tribune la déclaration que nous avions décidée le matin. Ainsi autorisé, Gochery se lève et déclare qu'il demande à interpeller le gouvernement sur la candidature éventuelle d'un prince de la famille royale de Prusse au trône d'Espagne. « Aussitôt on l'entoure, on le presse, on le fête, on lui conseille de frapper ferme et fort : il faut dire que la mesure est comble \ »

>'otre pensée préconçue eût-elle été vraiment d'assaillir la Prusse, notre susceptibilité n'eût-elle été qu'une comédie, et notre véritable préoccupation de ne pas laisser échapper une guerre désirée, combien il nous eût été facile dès lors de la déchaîner ! Gramont n'avait qu'à se lever, après Gochery, et donner lecture du télégramme de Lesourd, en l'accompagnant de quelques commentaires enllammés : une acclamation générale eût répondu à ces excitations et les résolutions décisives eussent été

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